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Par Rémi Monti, envoyé spécial à Colinas
Publié le 16/10/2026 à 21h15

REPORTAGE - Dix ans après l’accord de paix, des guérilleros dissidents continuent d’imposer leur loi dans un territoire où les accès à l’eau potable, aux logements et aux soins manquent toujours après une décennie de conflit.
José Manuel passe sa main sur le visage peint, comme on époussette une photo de famille. Sur ce panneau de béton rouge frappé de la faucille et du marteau, au centre du village, le portrait de Manuel Marulanda Vélez, fondateur des Farc, a pris la couleur de la latérite. À ses côtés, celui de Jorge Briceño, alias « Mono Jojoy », un autre chef militaire de la principale guérilla marxiste de Colombie, tué dans un bombardement en 2010 et qualifié de « symbole de la terreur » par l’ancien président Juan Manuel Santos. « Il faudrait leur donner un coup de neuf » regrette José Manuel, qui préfère se faire appeler par son nom de guerre, « Franco », en examinant les portraits de ses anciens chefs, qu’il a connus personnellement.
« Franco » habite à Colinas, dans le Guaviare, cette région du sud de la Colombie où s’achèvent les plaines des llanos et où commence la forêt amazonienne. Depuis San José, son chef-lieu, des pistes ocre et cahoteuses conduisent à cette communauté…


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