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Un immigrant qui a dû s’endetter aura finalement son permis de travail

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Fabrice Kangah peut pousser un soupir de soulagement. L’immigrant ivoirien qui cumulait les dettes en attendant son permis de travail post-diplôme a finalement obtenu son sésame pour demeurer au pays.

Vendredi dernier, au lendemain de la parution dans Le Devoir d’un article relatant son histoire, M. Kangah a reçu la confirmation d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) que sa demande était acceptée après huit mois d’attente.

Arrivés au pays en 2023, l’électromécanicien de 34 ans et sa conjointe Natene Kinda avaient accumulé des dettes de près de 85 000 $ depuis la fin des études de M.Kangah.

Sans permis de travail post-diplôme, le couple installé à Salaberry-de-Valleyfield n’était pas admissible à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Il avait donc contracté une dette de plus de 13 000 $ après un séjour à l’hôpital de Mme Kinda.

En attente de la délivrance du permis, Natene Kinda s’était inscrite dans un programme de formation professionnelle, pensant pouvoir bénéficier des mêmes tarifs que les étudiants québécois, un privilège accordé au conjoint d’un détenteur de permis de travail post-diplôme.

Or, puisque M. Kangah n’avait pas encore reçu son permis, l’établissement d’enseignement lui a facturé la totalité des frais de formation, soit 71 978 $. Cette dette devrait être effacée au cours des prochaines semaines lorsque M. Kangah obtiendra copie de son nouveau permis de travail.

« Pour l’hôpital par contre, la dette demeure puisqu’on n’avait pas la RAMQ à ce moment-là », précise Fabrice Kangah. Le couple et l’hôpital ont conclu une entente de remboursement sur deux ans.

Autre bémol, la demande de permis de travail ouvert de Mme Kinda associée au permis post-diplôme a été refusée par IRCC, une décision que le couple entend contester.

En attendant un règlement, M. Kingah est couvert par la RAMQ, mais pas sa conjointe.

Québec ou Ontario ?

Le couple, qui a deux enfants en Côte d’Ivoire, peut maintenant planifier l’avenir avec plus de sérénité.

« Ça nous donne quelques mois de répit », confie Fabrice Kangah, qui a obtenu un permis d’un an seulement, puisqu’il doit renouveler prochainement son passeport.

Un autre dilemme se pose puisque Fabrice a reçu dans la foulée une invitation du Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ), voie vers le Certificat de sélection du Québec (CSQ) et la résidence permanente.

Or, le couple avait déjà amorcé des démarches pour déménager en Ontario puisqu’il y est plus rapide d’y obtenir la résidence permanente via le programme Entrée express.

« Ce n’est pas une décision qui est facile à prendre parce qu’il y a plusieurs enjeux derrière ça. On est en train de jauger les avantages et les inconvénients pour voir ce qu’on va choisir », précise Fabrice Kangah.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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