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Aux États-Unis, un homme de 33 ans a survécu sans poumons pendant deux jours. Les médecins l'ont maintenu en vie entre l'ablation de ses organes endommagés et une transplantation, grâce à un système d'oxygénation extracorporelle du sang. Un exploit médical qui repousse les limites des opérations pulmonaires.
Le patient avait été admis à l'hôpital avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Au cours des six semaines suivantes, il a contracté une infection à la bactérie Pseudomonas aeruginosa et a développé une pneumonie nécrosante. Ni les antibiotiques, ni l'oxygénothérapie n'ont permis d'enrayer l'infection.
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«Son cœur s'est arrêté. Nous avons dû pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire, explique le professeur Ankit Bharat, chirurgien thoracique et chercheur à l'Université Northwestern (Illinois), qui a suivi le patient. Lorsque l'infection est si sévère que les poumons se liquéfient, les dégâts sont irréversibles. Ce qui peut être fatal pour les patients.»
Dans ce contexte, une seule option reste envisageable: l'ablation des poumons. Le personnel médical s'est retrouvé face à un dilemme: le cœur et les poumons fonctionnant en tandem, comment maintenir le malade en vie sans l'organe intrathoracique nécessaire au système respiratoire?
Une technologie de pointe
La médecine avait déjà exploré le terrain. Plusieurs patients atteints de mucoviscidose avaient pu survivre plusieurs jours grâce à de l'oxygène fourni par des poumons artificiels. Mais l'équipe du professeur Bharat est allée plus loin, en développant un dispositif capable d'imiter le rôle des poumons: il oxygène le sang tout en éliminant le dioxyde de carbone, comme le précise IFL Science.
L'innovation ne tient pas seulement à la machine elle-même, mais à son mode de connexion au corps. Un shunt s'adapte en permanence pour permettre au sang d'entrer et sortir du cœur à débit constant. Résultat: après l'ablation des poumons et l'apport de sang oxygéné externe, l'organisme du patient a commencé à récupérer. Deux jours plus tard, la greffe a été réalisée, avec succès.
L'article concernant cette opération insolite vient d'être publié dans la revue scientifique Med, bien qu'elle ait été réalisée il y a quelque temps. Deux ans après l'intervention, les fonctions pulmonaires du patient sont stables, et celui-ci assure adopter une hygiène de vie plus saine. «Pour la première fois d'un point de vue biologique, nous apportons la preuve moléculaire que certains patients ont besoin d'une double transplantation pulmonaire, pour survivre», précise le chercheur.
Actuellement, peu d'hôpitaux sont équipés pour pratiquer une telle opération. Les spécialistes estiment qu'à force de répétition l'acte médical sera plus accessible. L'enjeu est de taille: cela permettrait à de nombreux malades de rester en vie plus longtemps, en attendant une greffe. «Dans ma pratique, de jeunes patients meurent presque chaque semaine parce que personne n'a réalisé que la transplantation était une option», regrette Ankit Bharat. Selon lui, cela ne fait plus aucun doute: en cas de lésions pulmonaires graves, une transplantation couplée à l'utilisation de ce shunt disruptif peut sauver des vies.





























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