Le rover Curiosity vient de découvrir un étrange motif ressemblant à un gigantesque nid d’abeilles martien — des structures polygonales gravées dans le sol du cratère Gale. Aucune origine extraterrestre à l’horizon : ce type de motif naturel se retrouve aussi bien dans les tempêtes hexagonales de Saturne que dans la Chaussée des Géants en Irlande. Mais la zone recèle une autre énigme : des roches sombres qui pourraient être des fragments de météorites.
Ce que vous allez apprendre
- Pourquoi ces structures en « nid d’abeilles » martiennes ne sont pas une preuve d’intervention extraterrestre malgré leur apparence troublante
- Quels autres phénomènes naturels terrestres et célestes produisent des motifs géométriques similaires
- Pourquoi les roches sombres découvertes à proximité pourraient être des météorites tombées sur Mars
Un motif spectaculaire dans une zone jugée lisse depuis l’orbite
Curiosity, moins médiatisé ces derniers temps que son cadet Perseverance, continue d’explorer méthodiquement le cratère Gale malgré une roue sérieusement endommagée. Récemment, l’équipe du rover l’a envoyé explorer une zone qui apparaissait plus claire vue depuis l’orbite, mais semblait lisse d’après les observations précédentes depuis la surface.
La surprise a été au rendez-vous : la zone était recouverte de structures polygonales rappelant « le sommet d’un gigantesque nid d’abeilles martien », selon la NASA. Les crêtes de ces structures apparaissaient de plus en plus érodées à mesure que Curiosity progressait dans la formation.
Ni extraterrestres, ni mosaïques mystérieuses
Malgré l’apparence fascinante de ces motifs géométriques, rien n’indique une origine artificielle ou extraterrestre. La nature produit régulièrement ce type de motifs géométriques remarquablement réguliers à travers des processus purement physiques. La tempête hexagonale qui persiste au pôle nord de Saturne en est un exemple spectaculaire dans le système solaire. Sur Terre, la Chaussée des Géants en Irlande du Nord — plus de 40 000 colonnes de basalte polygonales formées par le refroidissement de coulées de lave — illustre le même principe de formation naturelle.
Ces structures martiennes méritent néanmoins une étude approfondie, et l’équipe scientifique promet des analyses complémentaires prochainement.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSSDes roches sombres au mystère non résolu
À proximité de ces structures polygonales, Curiosity a également repéré une dispersion de petites roches aux tons sombres. L’atmosphère martienne, bien plus ténue que celle de la Terre, offre une protection moindre contre les impacts de météorites — rendant plausible que ces roches proviennent d’un tel événement.
Mais l’origine exacte reste incertaine. L’équipe s’interroge : ces roches sont-elles des fragments martiens ayant « flotté » depuis des couches stratigraphiques supérieures, des débris éjectés par des impacts lointains situés hors du cratère Gale, ou de véritables météorites venues d’ailleurs dans le système solaire ?
Un indice troublant existe déjà : l’analyse de roches sombres similaires étudiées précédemment a révélé la présence de nickel — un élément courant dans les météorites mais rare dans les roches martiennes natives. Reste à déterminer si toutes ces roches sombres partagent cette même origine extraterrestre, ou si certaines sont simplement des fragments locaux.
La suite de l’exploration
L’équipe a déjà effectué des mesures sur ces structures et roches à l’aide de l’instrument ChemCam, dont les résultats devraient être publiés prochainement. Curiosity poursuit son exploration de la formation avant de se diriger vers une autre crête polygonale et une zone de roches sombres repérée depuis l’orbite — de nouvelles découvertes potentielles pour ce rover vétéran qui continue, malgré son âge, de surprendre les scientifiques.


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