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Conservées depuis 2011 en France, une vingtaine d'œuvres syriennes ont notamment été rendues à Damas pour être exposées dans la Citadelle.
Publié le 23/08/2026 14:38
Temps de lecture : 1min
Le drapeau syrien flotte sur les hauteurs de Damas, le 4 juin 2025. (BAKR AL KASEM / ANADOLU via AFP)
À Damas, la Citadelle historique vient de rouvrir ses portes pour exposer 23 pièces majeures enfin rapatriées de l'Institut du monde arabe à Paris, où elles étaient restées à l'abri pendant quinze ans, en raison de la rupture des relations diplomatiques entre la France et la Syrie. Un événement très attendu par les Syriens.
Des centaines de Damascènes patientent sous les arches de pierre de la citadelle. Cette forteresse, joyau de l'architecture remontant à l'époque des croisades, a été longtemps fermée au public, récupérée par le régime de la famille des Assad et détournée pour un usage militaire. Maintenant, la Citadelle revit. À l'intérieur, la foule se presse, ravie de retrouver les trésors antiques qu'elle abrite.
"C'est incroyable de pouvoir entrer ici, c'est notre histoire qu'on retrouve, se réjouit une visiteuse. Avant la chute du régime, on ne pouvait voir la citadelle que de l'extérieur. On a l'impression de redécouvrir notre patrimoine." Une autre ajoute : "Ces objets archéologiques syriens sont notre patrimoine. Certains datent du Ve siècle et du VIIIe siècle. Ça nous rappelle à quel point notre pays, la Syrie, dispose d’une histoire et d’une richesse incroyable".
"Damas est la plus vieille ville habitée en continu au monde et grâce à Dieu, on a pu reprendre et se réapproprier notre pays de nouveau."
Une Damascène
à franceinfo
Ces pièces uniques, mises à jour dans les cités de Mari et de Palmyre, ont donc retrouvé leur place à Damas après un long séjour en France. Un retour qui suscite l'engouement du public, mais aussi celui des professionnels. "C'est un événement majeur, assure notamment Brahim Kentar, directeur général des antiquités et des musées. Ces objets ont été éloignés pendant près de 14 ans. Mais avec la normalisation des relations, nous avons enfin pu les récupérer et les abriter ici, dans ce lieu historique."
Il fait également remarquer que "l'affluence est considérable" : "Les visiteurs manifestent un vif intérêt pour ces vestiges, scrutant l'origine des pièces. Face aux traumatismes des pillages qu'a connus notre pays, certains cherchent à s'assurer de l'authenticité de chaque pièce. Mais au-delà de ces précautions, c'est une immense satisfaction de voir la population se réapproprier ainsi son histoire et sa mémoire".
Cette exposition à vocation culturelle est aussi un baume pour la mémoire d'un pays meurtri. Une façon parmi d'autres de panser les plaies de la guerre, en rendant aux Syriens leur héritage.
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