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L’accident de train survenu dans la nuit du 12 janvier à Saint-Alexandre-de-Kamouraska a provoqué de la colère dans l’industrie du camionnage au Québec. Avant de dérailler, le train de passagers de VIA Rail a percuté deux remorques, dont une appartenant à une entreprise ontarienne, stationnées trop près de la voie ferrée dans la cour de l’usine Aliments Asta.
Le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, rappelle que la compagnie en cause dans le déraillement du train, HGC - The Harman Group, avait déjà mauvaise presse. Cette même entreprise avait été impliquée dans un carambolage mortel survenu le 19 juillet 2022 sur l’autoroute 30 à Brossard. Le conducteur du poids lourd, Baljeet Singh, avait embouti sept véhicules devant lui.
Il a été rapporté dans le passé qu’ils avaient des pratiques douteuses à l’égard de la qualification des chauffeurs qui sont embauchés. Des chauffeurs qu’on qualifie dans notre industrie de chauffeurs à rabais, mal formés, ou souvent formés de façon extrêmement questionnable, souligne Marc Cadieux.
D’après lui, le déraillement de train causé par les remorques de poids lourds mine la confiance du public envers l’industrie.
Comment une compagnie qui a un tel comportement peut encore circuler sur les routes du Québec et à travers le Canada? C’est une grande question. Il faut qu’il y ait une volonté politique très forte de voir à ce que cette industrie-là respecte les règles dans tous les sens : comme citoyen corporatif, comme employeur et envers la sécurité du grand public, complète le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec.
L'entreprise de transport HGC, pour sa part, a affirmé qu'elle n'accorderait pas d'entrevue.
Des milliers de litres de diesel à nettoyer
Quelques jours après le déraillement d’un train de VIA Rail transportant plus d’une centaine de passagers à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, les opérations de nettoyage se poursuivent. Plus de 10 000 litres de diesel se sont déversés lors de l’accident.
L’urgence dure quelques jours. Par la suite, les travaux de restauration et de réhabilitation peuvent s’étaler sur quelques semaines, voire quelques mois. Les cas les plus complexes peuvent s’échelonner sur quelques années, explique Yan Larouche, directeur adjoint à la direction du contrôle environnemental Bas-Saint-Laurent et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine pour le ministère de l’Environnement (MELCCFP).

Un déversement de 10 000 litres de diesel, provenant des réservoirs du train, a eu lieu sur le site de la collision.
Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron
Généralement, des rétrocaveuses et des camions bennes sont utilisés pour excaver et transporter les sols contaminés vers des lieux conçus pour les recevoir, explique le MELCCFP. C’est une bonne quantité d’hydrocarbures. Les trains en contiennent beaucoup. C’est plausible que des déversements comme ceux-là se produisent, ajoute M. Larouche.
Il est toutefois trop tôt pour se prononcer sur la durée des opérations de décontamination près du chemin de fer.
Selon le ministère, la Loi sur la qualité de l’environnement prévoit que le responsable d’un rejet accidentel de matières dangereuses dans l’environnement est tenu de les récupérer sans délai et d’enlever toute matière contaminée qui n’est pas nettoyée ou traitée sur place.
La Sûreté du Québec indique que le Bureau de la sécurité des transports (BST) ainsi que la police du Canadien National (CN) mènent une enquête pour déterminer les causes et les circonstances de l'accident.
Les services ferroviaires ont pu reprendre mardi en fin de journée sur le site du déraillement à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, selon les informations transmises par le Canadien National. Les équipes du CN demeurent sur place pour les opérations de nettoyage.


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