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Depuis plusieurs mois, les débats à l’Assemblée législative du Manitoba prennent une dimension plus agressive. Le ton monte et les échanges se font virulents, voire médisants, entre le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti progressiste-conservateur (PC). Le président de l’Assemblée législative, Tom Lindsey, a mis en place un nouveau règlement et a déclaré que certaines phrases et des mots étaient non parlementaires.
Les députés ne pourront désormais plus prononcer les mots :
- intolérant
- homophobe
- misogyne
- raciste
- transphobe
- ou toute autre variation de ces mots
Cette nouvelle liste s'ajoute à une règle préexistante interdisant aux députés de se traiter mutuellement de menteurs.
Des citoyens m'interpellent dans la rue et me disent que ce qui se passe dans cette Chambre est inadmissible et me supplient d'intervenir, a affirmé Tom Lindsey.
Il ajoute qu'au cours de la dernière année, des étudiants ayant assisté à la période de questions à l'Assemblée législative ont décrit l'atmosphère comme bruyante et oppressante et se sont dits choqués et déconcertés par le langage irrespectueux.

En novembre 2023, Tom Lindsey a été acclamé au poste de président de la Chambre des communes. Le député néo-démocrate de la circonscription de Flin Flon a présenté sa candidature à ce poste prestigieux après une entrevue avec le premier ministre Wab Kinew. Il était le seul candidat.
Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton
Mi-mars, Tom Lindsey, a dû rappeler le respect aux règles de conduite, après que des échanges acerbes aient perturbé les travaux de la Chambre.
Un jour plus tôt, il était intervenu à près de trois douzaines de reprises pour demander le silence. Il avait déjà fustigé les députés pour la dégradation du décorum au début de la session d'automne.
Il s'agit du dernier rappel à l'ordre du président de l'Assemblée législative après des mois de dénonciations des interruptions, des insultes et du niveau sonore excessif au sein de l'Assemblée législative.
Bien que la liberté d'expression des députés soit protégée par l'immunité parlementaire, les membres de l'Assemblée ont également une immense responsabilité de ne pas abuser de ce privilège, a-t-il indiqué.
Les députés qui traiteront un autre député de transphobe, d'homophobe, de sectaire, de raciste ou de misogyne, s'exposent désormais à des avertissements allant de la simple demande de retrait de leurs propos, à l'expulsion de l'Assemblée pour le reste de la période de questions.
Le président souhaite aussi s’attaquer aux interruptions excessives. Si un député interrompt régulièrement ses pairs et doit être rappelé à l'ordre plus de trois fois, il sera expulsé de la Chambre.
Un député progressiste-conservateur expulsé de la période de questions
À la fin de son annonce lundi, les progressistes-conservateurs ont applaudi, tandis que les députés néo-démocrates sont restés silencieux.

Nahanni Fontaine avait été expulsée de l'Assemblée, après avoir utilisé le mot «crap» (foutre/foutaise) en 2021. Elle avait affirmé à l'époque que le gouvernement de Brian Pallister n'en avait rien «à foutre» des femmes et des filles autochtones.
Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye
Nahanni Fontaine, la leader parlementaire du NPD du Manitoba, a affirmé que les nouvelles règles nuisent de façon disproportionnée à la capacité des néo-démocrates de dénoncer les actes qu'ils considèrent comme sectaires, racistes ou transphobes.
Nous sommes le seul caucus à compter une personne trans, des femmes autochtones, un homme noir et des membres sikhs, non seulement au Manitoba, mais dans tout le pays, a-t-elle indiqué.
Durant la période de questions qui a suivi, Tom Lindsey a demandé à Obby Khan de retirer ses propos qualifiant le ministre de l'Environnement, Mike Moyes, d'étonnamment honnête dans ses déclarations aux médias.
Le député progressiste-conservateur Konrad Narth a aussi été contraint de retirer un commentaire suggérant que le premier ministre ne faisait que brasser de l’air.
Fait rare, Tom Lindsey a ensuite expulsé le porte-parole conservateur en matière d'éducation, Wayne Ewasko, après que ce dernier n'eut pas présenté d'excuses sans équivoque pour avoir lancé au premier ministre le 15 avril : arrête de boire, Wab.
Cette demande fait suite à une plainte déposée par Nahanni Fontaine, chef parlementaire du NPD, qui affirmait que les propos de Wayne Ewasko constituaient une forme de racisme anti-autochtone.
Après la période de questions, ce dernier a laissé entendre qu'il s'était excusé à deux reprises dans l'hémicycle et n'avoir pas réalisé que le président de la Chambre souhaitait expressément qu'il utilise le terme sans équivoque.
Si tel est le but, alors je présente mes excuses sans équivoque pour mes propos tenus dans l'hémicycle, a-t-il affirmé.
Avec les informations de Bryce Hoye


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