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Un député du Likoud traite Tucker Carlson, Candace Owens et Nick Fuentes de « nouvel ennemi » du “peuple de l’éternité”

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Depuis quand le Likoud distribue-t-il des “autorisations de parole” aux Américains ?

« Je regarde l’Occident… et je vois un nouvel ennemi qui monte de l’intérieur. » La phrase est de Dan Illouz, député du Likoud, prononcée en anglais à la Knesset. Le “nouvel ennemi”, selon lui, ce sont deux commentateurs américains : Tucker Carlson, Candace Owens ou encore Nick Fuentes. Le ton n’a rien d’une nuance diplomatique : Illouz parle de « poison » vendu comme patriotisme et de « vandalisme intellectuel ».

In an address to the Knesset on Monday, Likud lawmaker Dan Illouz decried what he said was a “new enemy” rising within American politics: Tucker Carlson and Candace Owens.

Follow: @AFpost pic.twitter.com/yNlkIGRA8W

— AF Post (@AFpost) January 9, 2026

Ce qui choque, au-delà du fond, c’est le geste : un élu d’un parti au pouvoir en Israël s’autorise à distribuer des cartons rouges à des voix américaines et à expliquer aux conservateurs des États-Unis qui ils doivent “mettre sur la touche”.

Ce que dit exactement Dan Illouz : des accusations, et une consigne politique

Le 6 janvier 2026, Dan Illouz prend la parole en anglais à la Knesset et présente Carlson et Owens comme une menace « pour l’Amérique autant que pour Israël ». Interrogé ensuite, il assume le caractère politique de sa sortie : il affirme être en contact avec des conservateurs pro-Israël et juge que “défendre l’alliance” ne revient pas à “interférer” dans la politique américaine.

C’est précisément là que son raisonnement se fragilise. Appeler une partie du spectre politique américain à “écarter” des figures médiatiques locales, en les qualifiant d’ennemi intérieur, ressemble à une tentative de peser sur la définition du dicible aux États-Unis — même si cela se fait par discours et non par contrainte.

Aux États-Unis, critiquer un gouvernement étranger — y compris Israël — n’est pas une zone grise. La liberté d’expression protège aussi les discours qui dérangent, y compris ceux qui visent la politique internationale et l’influence de lobbies.

Un arrêt de la Cour suprême est très explicite sur ce point : Boos v. Barry (1988) a jugé inconstitutionnelle une interdiction de pancartes “critiques envers des gouvernements étrangers” près d’ambassades. Autrement dit : même quand la diplomatie s’en mêle, le droit américain tranche en faveur de la critique.

Cela ne rend pas toute critique intelligente, juste ou honnête. Mais cela rend l’idée d’Illouz — un élu israélien expliquant quels discours américains seraient “acceptables” — politiquement et, vue de Washington, profondément malvenue.

En novembre 2025, le président Donald Trump a défendu Tucker Carlson après l’invitation de Nick Fuentes, en expliquant qu’on ne peut pas “lui dire qui interviewer” et en renvoyant au jugement du public “laissez faire, les gens jugeront”.

Le problème Illouz : un allié qui parle comme un donneur de leçons

Il y a une ironie lourde dans cette séquence. Israël dépend d’un soutien politique américain durable, bipartisan ou quasi, depuis des décennies. Or, au lieu de parler aux Américains comme à un partenaire souverain, Illouz choisit une rhétorique de combat civilisationnel et désigne des citoyens américains comme “ennemi interne”.

Politiquement, c’est une erreur de méthode :

  • Cela alimente l’idée d’une tutelle étrangère sur la conversation américaine — exactement le soupçon que ses adversaires veulent installer.
  • Cela offre un cadeau aux figures qu’il attaque : elles peuvent se poser en victimes d’un pouvoir étranger qui voudrait “faire taire” des Américains.

Et sur le fond, il y a une ligne rouge que beaucoup d’Américains, n’acceptent pas : ce n’est pas au Likoud — ni à aucun parti étranger — de fixer les limites du débat politique aux États-Unis.

Dan Illouz conclura par :

« Croyez-vous être les premiers à tenter de délégitimer le peuple juif ? Nous sommes le peuple de l’éternité. Nous serons encore là bien après que vos chaînes YouTube ne soient plus que poussière oubliée. »

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