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C'est ce qu'on appelle un goulet d'étranglement. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'immense majorité des compagnies occidentales ne survolent plus onze pays de la région, suivant une recommandation de l'agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne.
Selon l'organisme, les risques y sont "élevés" pour l'aviation civile. Conséquence ? Un mince couloir aérien, au nord de l'Iran, est désormais surchargé d'avions commerciaux. "Il y a vraiment des embouteillages pour l'instant sur ce corridor : tous les avions occidentaux désirant se rendre en Asie passe par là", explique l'officier pilote Cédric De Weerdt qui l'emprunte régulièrement avec "son" Boeing 747.
Un mince passage entre la Russie et l'Iran
Cette route du "nord", opposée à celles passant par l'Égypte et l'Arabie saoudite, ce dernier pays étant déconseillé de survol par l'EASA, montre toute la complexité de la géopolitique actuelle.
"En partant depuis la Belgique, on doit éviter l'Ukraine, dont l'espace aérien est fermé et la Russie, interdite de survol aux compagnies occidentales, développe Cédric De Weerdt qui travaille pour une compagnie cargo à l'aéroport de Liège. Il faut ensuite survoler la mer noire du côté turc, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et la mer Caspienne. De là, on part soit vers le Turkménistan, l'Afghanistan et le Pakistan, soit vers le Kazakhstan et la Chine".
."On a dû longer la frontière russe pour sortir de cette zone de risque".
Cette route n'est pas sans mauvaise surprise, comme a pu le constater récemment le commandant de bord. "Il y a une dizaine de jours, alors qu'on survolait l'Azerbaïdjan, on a reçu une alerte en plein vol nous demandant de changer de route car l'Iran avait lancé des drones sur un aéroport du pays. On a dû longer la frontière russe pour sortir de cette zone de risque".
Situation Moyen Orient avion ©flightradar24Selon lui, c'est précisément cet "étroit passage" au-dessus de la Géorgie et de l'Azerbaïdjan, pays voisin de l'Iran, qui serait particulièrement critique. "Si ces deux petits pays sont attaqués, on ne pourra plus se rendre en Asie", résume-t-il. Depuis la guerre en Ukraine, on doit déjà faire d'énormes détours, parfois de deux à trois heures pour se rendre en Extrême-Orient. Cela nous coûte déjà près de 25 000 euros par vol en supplément de carburant".
Si un jour l'Iran décide de s'attaquer à cet espace aérien au nord, alors on aura de gros problèmes".
En cas de blocage de cette route du nord, il faudrait ajouter deux à trois heures de vol supplémentaires. "On devrait descendre loin en Afrique puis remonter sous l'Inde. Cela ne vaudra plus du tout le coup commercialement et financièrement. La différence concurrentielle avec les compagnies asiatiques ou africaines qui peuvent continuer de survoler la Russie, serait énorme. Si un jour l'Iran décide de s'attaquer à cet espace aérien au nord, alors on aura de gros problèmes".
Le modèle Dubaï est-il en train de vaciller ? "On se croyait être dans l'endroit le plus sûr au monde"Selon le pilote, la guerre au Moyen Orient a déjà un impact énorme sur les vols long-courriers. "Tout a été bouleversé. Pour l'instant, on n'a pas assez de pilotes pour nos opérations. Sur certains vols on a besoin de plus d'équipage, trois pilotes à la place de deux car on ne peut plus faire escale au Moyen-Orient. On a aussi dû trouver des escales alternatives, notamment au Kazakhstan".
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