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Un chalet patrimonial en voie d’être démoli

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L’un des plus anciens chalets construits en bordure du lac Saint-Charles disparaîtra bientôt du paysage. La Commission d'urbanisme et de conservation de Québec a récemment autorisé la démolition du bâtiment de villégiature, et ce, même s’il présente un intérêt patrimonial supérieur.

Le chalet en question est situé au 410, chemin de la Baie-de-L’Écho, dans l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles.

Le Répertoire du patrimoine bâti publié sur le site de la Ville de Québec mentionne que le bâtiment a été construit entre 1908 et 1919, ce qui en fait l'un des plus anciens du secteur.

Un chalet situé sur le bord d’un lac, dans un milieu boisé, en hiver.

Le toit à deux versants, la lucarne en appentis et le balcon couvert constituent des éléments architecturaux distinctifs des bâtiments de villégiature de l'époque.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc

Témoin du développement de la villégiature au lac Saint-Charles, en particulier sur les bords de la baie de l’Écho, le chalet est associé à deux personnalités de la vie politique du début du 20e siècle à Québec, soit Arthur Saint-Jacques et Joseph-Camilien Lockwell, qui y ont tous deux résidé.

Le premier a occupé de 1904 à 1948 la fonction de gentilhomme huissier à la verge noire au défunt Conseil législatif du Parlement de Québec, tandis que le second a été échevin de Québec de 1908 à 1918 en plus d’avoir occupé les fonctions d’organisateur du Parti conservateur.

Authenticité

Cette association avec des personnages liés à l’histoire de Québec contribue à conférer au 410, chemin de la Baie-de-l'Écho un intérêt patrimonial supérieur, tout comme son ancienneté ainsi que son authenticité formelle et matérielle.

Le Répertoire du patrimoine bâti souligne en outre sa cohérence par rapport au mode d'organisation de l'environnement, qui porte toujours l'empreinte d'un milieu de villégiature, et son association à un ensemble de chalets anciens.

Un chalet situé sur le bord d’un lac, dans un milieu boisé, en hiver.

Le bâtiment fait partie d’un ensemble de chalets anciens construits entre 1898 et 1938 dans la baie de l’Écho.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc

L’intérêt patrimonial supérieur du chalet de la Baie-de-L’Écho n’a pas empêché la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) d'accorder le feu vert à sa démolition.

L’instance a en partie basé sa décision sur un rapport d’inspection réalisé par un ingénieur, qui a mis en lumière de nombreuses problématiques d’enveloppe et de structure. La commission avait elle-même constaté le mauvais état général du bâtiment lors de sa première étude à huis clos du dossier, en décembre 2024.

Exigence déraisonnable

Considérant les coûts onéreux de remise en état du bâtiment ainsi que les qualités du projet de remplacement qui lui a été soumis et qu’elle juge compatible avec le milieu bâti environnant, la CUCQ a adopté le 27 novembre une résolution approuvant la demande visant la démolition du chalet.

Il deviendrait déraisonnable d’exiger de récupérer le bâtiment pour le convertir en résidence principale, en raison de l’absence de fondation et d’isolation ainsi que la structure artisanale, limitant les possibilités de modifications du bâtiment, peut-on notamment lire dans la résolution du comité de démolition de la CUCQ.

Un chalet situé sur le bord d’un lac, dans un milieu boisé, en hiver.

Le bâtiment est représentatif des premiers chalets construits le long du lac Saint-Charles au début du siècle dernier.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc

Toute personne avait la possibilité de demander au conseil de ville de réviser la décision de la commission dans les 30 jours suivant celle-ci.

Le conseil de ville pouvait également, à son initiative et à l’intérieur du même délai de 30 jours, exprimer son intention de réviser la décision. Aucune demande de révision n’a toutefois été déposée dans les délais impartis.

Pouvoir de désaveu

De son côté, le conseil d’agglomération de Québec dispose d’un délai de 90 jours pour désavouer la décision de la CUCQ. Passé ce délai et en l’absence d'un désaveu de la part du conseil, la Ville de Québec pourra procéder à l’émission du certificat autorisant la démolition du bâtiment.

Le 22 décembre, le Service de la planification de l’aménagement et de l'environnement a recommandé au Conseil d’agglomération de Québec de prendre acte de la décision de la CUCQ à l’égard du 410, chemin de la Baie-de-L’Écho, et de confirmer qu’il n’entend pas se prévaloir de son pouvoir de désaveu.

Cette recommandation sera soumise à l’approbation des élus lors de la prochaine séance ordinaire du Conseil d’agglomération, qui se tiendra à l’hôtel de ville de Québec le 21 janvier.

Avec la collaboration d’Audrey Paris

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