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Un centre de données pour l’intelligence artificielle sera opérationnel près de l’aéroport de Merritt, en Colombie-Britannique, « dans les prochaines semaines », selon Bell Canada.
Cette infrastructure a réservé 6,5 MW de capacité. À titre de comparaison, 6,5 MW suffisent pour alimenter 3000 foyers dans la province.
Bell Canada s’associe avec BUZZ HPC, qui fabriquera des cartes graphiques ultra puissantes pour les vendre.
« Ce partenariat vise à renforcer l'environnement du Réseau d'IA tissé de Bell et à traiter les charges de travail évoluées dont nos clients ont besoin dans une installation canadienne souveraine, privée et sécurisée », estime John Watson, président de la section groupe, marchés affaires et IA à Bell Canada, dans un communiqué.
Les revenus de ce réseau de centres de données sont estimés à 2 milliards de dollars d’ici 2028, avance l’entreprise.
Une « bonne nouvelle » pour Merritt
Le maire de Merritt, Michael Goetz, accueille favorablement ce centre de données dont les travaux devraient être terminés en avril.
C’est un grand investissement pour notre communauté, dit-il. C’est un avancement technologique important.

Mike Goetz est le maire de Merritt. Il voit d'un bon œil la venue du centre de données.
Photo : Radio-Canada / Camille Vernet
Les centres de données tendent cependant à choisir des endroits économiquement fragiles, explique Anne Pasek, professeure à l’Université Trent, en Ontario, et détentrice de la Chaire de recherche du Canada en médias, culture et environnement.
Il y a 10 ans, la scierie de Merritt, qui employait des centaines de personnes, a mis fin à ses activités. La région fait aussi face à de multiples fermetures temporaires des urgences médicales, une situation que le maire actuel a souvent déplorée.
Un réseau sous pression?
La zone du bassin de Nicola, où se situe Merritt, a enregistré des périodes de sécheresse de niveau 4 sur une échelle de 5.
Par ailleurs, la Municipalité puise son eau de la nappe phréatique qui dépend de deux rivières bordant Merritt.
Cependant, dans un communiqué, l’entreprise dit que le centre de données refroidira ses opérations par un système de refroidissement en boucle fermée.
Le maire de Merritt estime que, selon les plans qu’il a pu consulter, ce liquide, qui devrait atteindre 37 degrés Celsius une fois passé dans le système, pourra être utilisé pour chauffer des bâtiments.
Nous pensons même relocaliser une serre pour qu’elle soit chauffée grâce à l’eau qui provient du centre d’IA avant d’y retourner, dit M. Goetz.
Les porte-parole de Bell Canada n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.
Difficile, donc, de savoir si l’eau sera par la suite relâchée, une fois traitée, dans la nappe phréatique régionale.
Si une telle situation se produisait, explique Gilles Wendling, hydrogéologue et consultant pour le réseau international ELAW, elle pourrait avoir un impact négatif sur les poissons en réchauffant le bassin hydrique.
Il rappelle que les centres de données sont comme de grosses boîtes qui chauffent et qui ont besoin d’être refroidies.
« C'est très important de savoir que c'est une nouvelle pièce sur l'échiquier au niveau de la gestion des terres parce que cela va occuper de l'espace de la gestion des ressources, entre autres de l'eau », explique-t-il.
Partout où ils sont proposés, c'est important de voir quelle sera leur empreinte environnementale.
Ce centre de données fait partie des six centres d'intelligence artificielle (IA) déjà annoncés par Bell Canada dans le cadre d'un plan visant à créer le plus grand projet de calcul pour l'IA au Canada.
Un premier centre a ouvert ses portes à Kamloops.


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