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Si le ministre des Finances de l’Alberta, Nate Horner, s’est dit fier de son budget 2026-2027 malgré le déficit, il s’est trouvé bien seul à se satisfaire du compromis trouvé entre revenus en baisse et dépenses croissantes. L’absence d’un plan pour retourner à l’équilibre ou stabiliser les revenus est critiquée de toute part.
Aussi loin que l'UCP soit prêt à faire des prévisions, ils n'équilibreront jamais le budget. Ils vont nous accabler de toujours plus de dettes, a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique, Naheed Nenshi.
Il reproche au gouvernement d’aggraver le déficit, qui est prévu à 9,4 milliards de dollars, sans toutefois améliorer le sort des Albertains.
Ce budget ne réduit pas votre coût de la vie, il rend en fait la vie plus chère. Ce budget ne règle pas la crise des soins de santé. [...] Ce budget n'améliore pas les salles de classe. Ce budget n'en construit pas de nouvelles pour les étudiants déjà entassés dans le système, a-t-il ajouté.
La Fédération canadienne des contribuables, qui est rarement d’accord avec le NPD, a pourtant fait écho à ces critiques.
J'ai examiné ce budget de très près et il est terrible. Nous avons un déficit énorme, ce qui signifie que la dette augmente, les dépenses augmentent et les taxes augmentent, a souligné la directrice albertaine de la fédération, Kris Sims.

Kris Sims de la Fédération canadienne des contribuables déplore la hausse de la dette provinciale.
Photo : Radio-Canada / Emmanuel Prince-Thauvette
Elle est particulièrement préoccupée par l’augmentation du poids de la dette. Les coûts de remboursement atteignent 3,4 milliards de dollars en 2026-2027.
Elle critique aussi le choix du gouvernement d’accroître l’impôt foncier en collectant plus de taxes sur l’éducation.
Mécontentement des municipalités
Les municipalités sont aussi insatisfaites de cette mesure, parce qu’elles ont peur de devenir le bouc émissaire des décisions provinciales.
C'est vraiment décevant pour nous, car les impôts fonciers sont une forme d'imposition qui frappe durement les personnes et décourage l'investissement des entreprises, a réagi le président de l’Association des municipalités de l’Alberta, Dylan Bressey.
Le maire de Calgary, Jeromy Farkas, demande plus de transparence quant à l’utilisation de cette portion provinciale de l’impôt foncier. Nous faisons notre part [pour réduire les impôts], nous demandons à la province de faire la sienne, a-t-il dit.

Le maire d'Edmonton, Andrew Knack, estime que le gouvernement provincial doit investir plus d'argent dans les municipalités pour rattraper le retard pris dans le financement des infrastructures.
Photo : Radio-Canada / Emily Williams
Les municipalités ne sont pas plus heureuses des investissements en infrastructures. Pour Dylan Bressey, ils sont insuffisants pour rattraper le retard accumulé lors de la période de forte croissance de la population.
Le maire d’Edmonton, Andrew Knack, a la même analyse des documents budgétaires même s’il est content que le gouvernement est tenu parole sur certaines promesses aux villes. Nous avons ce fossé structurel qui persiste sous les gouvernements provinciaux successifs depuis 15 ans, et la situation ne s’est toujours pas rétablie, a-t-il souligné. Ce n’est pas seulement l’investissement en infrastructures, mais aussi en services sociaux.
De rares contents
Le Conseil des affaires de l’Alberta estime toutefois que le gouvernement a fait du mieux qu’il pouvait dans une situation difficile. L’Alberta fait face à de bas prix du pétrole, à une croissance qui ralentit, a souligné Mike Holden du Conseil. Le budget prévoit une croissance de 1,8 % en 2026-2027.
Dans l’ensemble, les institutions postsecondaires se sont montrées satisfaites des investissements faits par la province pour financer notamment les programmes de formation en santé.
Avec les informations des équipes d'ICI Alberta et CBC News


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