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Un attentat évité de justesse

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Le président des États-Unis, Donald Trump, a échappé à une troisième tentative d’attentat en moins de deux ans, le week-end dernier, dans le cadre du dîner des correspondants de la Maison-Blanche. L’affaire relance de plus belle le débat sur la montée de la violence politique dans ce pays polarisé à l’excès, tout en soulevant des questions sur la conduite des agents chargés de sa protection.

Pour une rare fois, Donald Trump a adopté une conduite présidentielle dans les heures suivant l’attentat. Ni combatif ni revanchard, il a remercié les médias pour leur sens des responsabilités. Il n’a par contre pas pu s’empêcher au passage de faire la promotion de sa controversée salle de bal, dont les travaux ont été suspendus par les tribunaux. Dans ce lieu qui sera aménagé selon les plus hautes normes de sécurité, un incident de cette ampleur n’aurait jamais pu se produire, a-t-il déclaré en substance.

L’accusé a comparu lundi pour tentative d’assassinat contre Donald Trump. Cole Tomas Allen avait réussi à réserver une chambre à l’hôtel où avait lieu le dîner des correspondants, apportant deux armes à feu et des couteaux. Se décrivant comme « assassin fédéral amical » dans un manifeste, il affirmait son intention de tuer des hauts responsables du gouvernement Trump en y allant par ordre d’importance.

Outre le président Trump, le vice-président, J.D. Vance, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, le secrétaire d’État, Marco Rubio, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, et le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth participaient au gala des correspondants de presse de la Maison-Blanche.

Le tireur a fait un sprint de moins de 20 mètres, à la barbe des agents postés près de la salle de bal, sur lesquels il a ouvert le feu. Par chance, l’un des agents a évité la mort ou des blessures graves grâce à son gilet pare-balles. Allen a été maîtrisé rapidement, tout juste en haut de l’escalier qui menait directement à la salle de bal.

Un seul assaillant est passé tout près de décimer le gouvernement. Dans un scénario catastrophe avec des victimes au sommet de la hiérarchie du pouvoir, c’est le sénateur le plus expérimenté du parti majoritaire à la Chambre des représentants, Chuck Grassley, qui aurait dû être assermenté président. Mais, justement, le scénario catastrophe ne s’est pas produit. Selon le secrétaire à la Justice par intérim, Todd Blanche, aussi présent lors du dîner, c’est bien la preuve que les services de sécurité ont fait leur travail correctement.

En dépit des supputations et des conjectures, il n’en demeure pas moins que le tireur n’est pas parvenu à entrer dans le périmètre de sécurité. C’est tout le contraire de l’attentat survenu à Butler, durant la campagne présidentielle, lorsque Donald Trump était passé à un cheveu de la mort. En raison des lacunes dans la communication et la coordination entre la police locale et les services secrets, un tireur avait réussi à monter sur le toit d’un bâtiment pour prendre Trump comme cible.

Cité par le New York Times, un ancien directeur adjoint des services secrets, Michael R. Centrella, confirme lui aussi que le périmètre de sécurité a tenu le coup. Une situation dangereuse a été contenue avant qu’elle ne tourne à la tragédie, croit-il. L’analyse renvoie à un principe fondamental en matière de sécurité : à force de trop surveiller, on ne surveille plus rien, d’où l’importance de dresser des périmètres de sécurité circonspects et étanches, par opposition à un vaste filet poreux.

Le problème de la violence politique aux États-Unis demeure entier. Le collègue François Brousseau rappelait les troublantes conclusions d’un sondage mené par PBS, NPR et Marist à l’automne 2025, au lendemain de l’assassinat de l’idéologue de droite Charlie Kirk. Environ 30 % des citoyens américains estimaient que la violence politique pouvait s’avérer nécessaire, comparativement à 19 % pour le précédent coup de sonde.

La polarisation de la société américaine, le populisme, la montée de l’extrême droite, dont la parole et l’action ont été libérées par les deux présidences de Donald Trump : voilà autant de calamités qui concourent à miner la sécurité des élus et l’intégrité des institutions démocratiques. L’extrême gauche n’est guère plus inspirante, même si ses excès de violence semblent moins prédominants que ceux de l’extrême droite, selon les données colligées par l’Anti-Defamation League entre 2022 et 2024.

Le cadre de référence reste inquiétant. Dans une société où les armes à feu pullulent, les dérives vers la radicalisation violente risquent d’aggraver encore la crise de la représentation politique.

Quand la fin justifie les moyens, c’est la primauté du droit et la démocratie elle-même qui sont dans la ligne de mire.

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