De retour d’une tournée dans les pays du Golfe, Emmanuel Macron a convoqué les agences de renseignement à l’Elysée ce jeudi, accusées d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Parmi l’arborescence de services français, l’un d’eux se retrouve dans l’œil du cyclone: le Renseignement territorial (RT). Par sa présence dans tous les départements, cette unité de police est considérée comme le premier maillon de la chaîne du renseignement face aux risques causés par les mouvements sociaux, l’islamisme radical, l’ultra-droite… Lundi matin, sur France Inter, en reconnaissant un «manque d’anticipation», le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pointé du doigt une sous-évaluation des événements du 17 octobre. Le vendredi 16 octobre, les renseignements prévoyaient une fourchette prudente de 100 000 à 170 000 manifestants en France. Ce sont finalement au moins 550 000 personnes qui ont participé à cette journée dans le pays.
Louis (prénom d’emprunt) a travaillé plus de trente ans dans ce service qui, auparavant, s’appelait les Renseignements généraux. Cet ancien officier, désormais à la retraite, a été en poste en région parisienne et en province. Il livre au Temps son analyse sur cette situation, les critiques et comment ce type de situation se prévient. «Notre mission est d’anticiper le mieux possible les risques lors de ces gros rassemblements, rappelle en préambule Louis. La semaine qui précède la manifestation, les agents du RT entrent de manière officielle en contact avec les organisateurs de l’événement. Avec eux, nous estimons une fourchette de participants à l’échelle d’une ville ou d’une région.»


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