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Un an après leur entrée en vigueur, les tarifs douaniers américains font moins mal que prévu à l’ensemble de l’économie québécoise, mais ont des effets délétères sur des régions bien précises, comme la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue, révèle une étude de Desjardins.
On attendait le pire pour les territoires manufacturiers, mais c’est finalement les régions ressources qui écopent le plus de la nouvelle politique commerciale des États-Unis.
La majorité des exportations québécoises étant couvertes par l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ce sont les tarifs sectoriels, comme ceux sur l’aluminium ou le bois d’œuvre, qui affectent le plus l’économie de la province, explique Maëlle Boulais-Préseault.
Dans son analyse, l’économiste chez Desjardins a calculé que les tarifs sectoriels représentent 80 % du taux de tarif effectif sur les exportations québécoises vers les États-Unis.
« Les régions les plus affectées sont celles qui sont plus exposées à ces tarifs sectoriels » de par la nature de leur économie régionale, résume Mme Boulais-Préseault.
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue et les Laurentides sont les régions plus exposées aux politiques du président Trump, selon l’indice de vulnérabilité établi par Desjardins.
Dans le cas des trois premières, c’est l’action combinée des tarifs sur le bois (45 %), l’acier, l’aluminium et le cuivre (50 %) qui vient mettre à risque l’économie régionale.
À ce podium s’ajoutent les Laurentides, où se concentre une partie importante de l’industrie québécoise de fabrication de camions et d’autobus, affectée par les tarifs de 25 % sur les véhicules lourds. Le fabricant de camions Paccar a, par exemple, licencié 300 personnes à son usine de Sainte-Thérèse l’automne dernier.
Vulnérabilité ne veut toutefois pas dire décroissance économique à tous crins, souligne Maëlle Boulais-Préseault.
« Si on regarde le Saguenay-Lac Saint-Jean, on pense que c’est l’une des régions les plus vulnérables, puisqu’elle dépend beaucoup de son industrie de l’aluminium. Par contre, ce qu’on entend, c’est que les alumineries vont assez bien, puisqu’il n’y a pas beaucoup de substitutions possibles pour les acheteurs aux États-Unis. Les alumineries de la région arrivent aussi de plus en plus à trouver des acheteurs et des fournisseurs ailleurs qu’aux États-Unis et à vendre davantage en Europe. »
Il faudra du temps, et surtout des données plus précises, pour mesurer finement l’impact réel des tarifs par régions, précise l’économiste.
Les villes en meilleures postures
Montréal, qui était au vert dans une étude semblable publiée l’an dernier, fait maintenant partie des régions vulnérables.
« Montréal a certaines industries liées au secteur du transport, ce qui fait en sorte qu’on peut être en partie exposé aux tarifs sur les véhicules automobiles. Les tarifs sur les métaux viennent aussi toucher les composantes de plusieurs produits manufacturiers exportés », précise Maelle Boulais-Préseault.
Les centres urbains sont somme toute mieux outillés pour affronter la crise que les régions ressources.
« Les régions urbaines ont en général une économie plus diversifiée, où le secteur manufacturier a un poids moins important », résume l’économiste.
La ville de Québec et l’Outaouais peuvent par exemple s’appuyer sur la forte présence de la fonction publique, qui représente jusqu’à 30 % du PIB régional, pour traverser les aléas économiques.
Le degré d’intégration de l’économie québécoise aux États-Unis, qui accueillent près de 70 % de nos exportations, place tout de même la province à risque dans l’avenir, surtout dans le cadre de la renégociation prochaine de l’ACEUM.
« Même si on s’attend à un certain statu quo, c’est sûr que ça va encore entraîner encore plus d’incertitudes », prévient Maelle Boulais-Préseault.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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