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Un an plus tard, l’immense dépression créée par la coulée argileuse de Saint-Thuribe continue d'attirer des curieux téméraires qui ne respectent ni les barricades érigées par la Municipalité ni le terrain privé du propriétaire touché par le phénomène.
Dans les derniers jours, Saint-Thuribe a dû commander des barrières de chantier pour les installer entre les blocs de béton et les fossés afin d'entraver l’accès au site, explique le directeur général de la Municipalité, Michel Lefebvre.

Le passage est interdit sur le rang de la Rivière-Blanche Est, près des lieux du glissement de terrain à Saint-Thuribe.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Aussitôt que le beau temps a recommencé, les gens revenaient en vélo, en trois roues, et souvent la famille devait intervenir pour dire : "Vous êtes sur des terrains privés." [...] Le danger est que, si quelqu'un s'approche trop près du trou et tombe dans le trou, nous, il faut qu’on prenne les mesures d’urgence pour le sortir de là, dit-il en précisant que des experts du gouvernement du Québec ont avisé la Municipalité que les sols du secteur sont maintenant stables.
Si la Municipalité a embauché une firme pour sécuriser les abords de l'amphithéâtre créé par l'événement géologique dans les premières semaines suivant l'affaissement, cette mesure n’était que temporaire.

Michel Lefebvre est directeur général de Saint-Thuribe. La Municipalité a dû ajouter des blocs de béton et cette affiche pour limiter l'accès aux curieux.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Cindy Nolet, une des personnes sinistrées, implore les curieux de respecter l'intimité de sa famille et les limites de leur terrain.
Même proche du trou, on ne voit absolument rien. Tout ce qu'on voit, c’est la maison, c’est tout. Sur les photos sur Facebook d’il y a un an, on voit vraiment mieux.
Pour sa part, le propriétaire Sylvain Trottier est exaspéré que des gens passent sur ses terres pour contourner la fermeture du rang de la Rivière-Blanche Est, causée par le glissement de terrain. Il ne veut pas être tenu responsable si un accident a lieu, insiste-t-il.

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L'imposant glissement de terrain a défiguré un secteur de Saint-Thuribe en 2025.
Photo : Gracieuseté - Carl Poirier
Une année éprouvante
La famille de Cindy Nolet et de Pierre-Luc Trottier demeurait dans une maison qui appartenait au père de ce dernier quand le sol s’est dérobé dans la nuit du 15 au 16 juillet 2025. Ils ont évacué en catastrophe et la maison s’est effondrée dans le trou plus tard la même semaine.
Un an après, malgré les épreuves vécues, le moral de la famille est généralement bon.

Cindy Nolet et Pierre-Luc Trottier ont dû reconstruire leur vie depuis que leur maison a été détruite par le mouvement de sol.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
C’est un événement qui reste traumatisant, mais ça va mieux, affirme Cindy Nolet. Le plus difficile a été de repartir de zéro, affirme-t-elle.
Le couple a dû expliquer et réexpliquer les événements à leur fils aîné de 4 ans, qui répète souvent que la maison est tombée dans le trou, ses jouets sont dans le trou. Il s’en rend beaucoup compte, témoigne sa mère.

Une maison démolie dans le glissement de terrain est toujours visible, fort abîmée.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Sylvain Trottier, le propriétaire de la maison et des terres agricoles, affirme lui aussi avoir fait du chemin depuis l’an dernier. Sa femme, qui a souffert de flashbacks a mis plusieurs mois avant de reprendre le travail. Ils ont rencontré une psychologue en vertu d’un programme d’aide offert par l’Union des producteurs agricoles (UPA).
[Le programme d’aide] est important et je ne suis pas gêné de l’utiliser, affirme-t-il.

Sylvain Trottier a perdu une maison et 2,7 hectares de terres cultivables lors du glissement de terrain à Saint-Thuribe en 2025.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Aujourd'hui, il ne tente pas de donner un sens aux événements. C’est imprévisible, cette affaire-là. On ne sait jamais ce qu’il se passe en dessous de nos terrains, dit-il, le sourire aux lèvres.
Reconstruction en vue
La Municipalité a accordé une dérogation exceptionnelle à la famille Trottier pour reconstruire, sur ses terres agricoles, une maison qui remplacera celle perdue dans le glissement de terrain, confirme le directeur général.
Cindy Nolet affirme avoir mis du temps avant de se faire à l'idée de revivre sur les mêmes terres.
Moi, ça a été quelque chose qui m’a traumatisée émotionnellement. C'était quelque chose d'impensable pour moi de retourner là, en premier lieu, mais, par la suite, à bien y penser, on voulait absolument y retourner pour les enfants, pour la famille, pour lui, pour son travail, dit-elle en regardant Pierre-Luc, qui travaille quotidiennement à la ferme laitière et de grandes cultures de son père.

Les occupants de la maison blanche ont du évacuer leur demeure en catastrophe dans la nuit du 15 au 16 juillet 2025. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
On voulait retourner là pour ravoir notre coin de paradis, mentionne-t-il.
Des plans pour une maison bigénérationnelle seront dessinés dans les prochains mois et la famille envisage une reconstruction dans les prochaines années, ajoute Sylvain Trottier.
Que faire du rang?
Saint-Thuribe a mandaté une firme d’ingénieurs pour étudier les options concernant le rang de la Rivière-Blanche Est qui demeure fermé. Trois options sont à l'étude : soit de reconstruire la route, de la déplacer ou de la condamner.

Le rang de la Rivière-Blanche Est, à Saint-Thuribe, est coupé en deux depuis l'affaissement du terrain en juillet 2025.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Le rapport de la firme de consultants est attendu d’ici la fin du mois d'août. La Municipalité ainsi que les ministères de la Sécurité intérieure et des Transports se pencheront sur ses conclusions pour déterminer la suite.


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