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Un an après l’entrée en vigueur des droits de douane américains supplémentaires sur le secteur automobile, des acteurs canadiens de l'industrie déplorent le manque d’une entente commerciale qui permettrait de restaurer la stabilité de leur filière, durement touchée au cours des derniers mois.
Franchement, je suis très inquiet, affirme le président et directeur général de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, Brian Kingston.
En mars 2025, l’annonce par les États-Unis de droits de douane de 25 % sur le contenu non-américain des véhicules assemblés au Canada l’avait profondément préoccupé.

Brian Kingston est le PDG de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il avait tout de même gardé espoir que la mesure, entrée en vigueur le 3 avril, ne serait que de courte durée et que rapidement, les deux pays trouveraient une solution, une voie de sortie, une entente.
Et nous voici, un an plus tard, les droits de douane sont toujours en place et causent toujours d’importants dommages à l’industrie et aucune solution ne semble se profiler à l’horizon, regrette M. Kingston.
Tout au long de l’année 2025, illustre-t-il, les fabricants canadiens ont été exposés à des coûts tarifaires totaux d’environ 5 milliards de dollars.
C’est insoutenable. Il est impossible d’avoir une usine automobile commercialement viable au Canada confrontée à des droits de douane de cette ampleur.
Une année dévastatrice pour les travailleurs
Il ne fait aucun doute que l’année a été dévastatrice pour les travailleurs, souligne la présidente nationale du syndicat Unifor, Lana Payne.
Le président Trump a appelé [le 2 avril 2025] le jour de la libération, mais quand j’y pense, ce ne sont que les travailleurs de l’automobile et du secteur de la production manufacturière qui ont été libérés de leurs bons emplois syndiqués à la suite de ces droits de douane écrasants, affirme-t-elle.
Il y a des milliers d’autres travailleurs qui ont perdu leur emploi chez les fabricants de pièces et les fournisseurs des usines d’automobile, note Mme Payne.
Il nous faut une entente commerciale
Ces secteurs sont aussi secoués par une grande anxiété, affirme le président de l'Association des fabricants de pièces automobiles du Canada, Flavio Volpe.
Il nous faut résoudre cette situation rapidement avec une renégociation de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM).

Flavio Volpe est le président de l'Association des fabricants de pièces automobiles du Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laura MacNaughton
Environ 90 % des véhicules fabriqués au Canada sont exportés aux États-Unis, rappelle Brian Kingston.
Sans accès au marché américain, l’industrie automobile canadienne n’aura simplement plus sa taille actuelle, ajoute-t-il.
Il nous faut une entente commerciale avec les États-Unis. Nous devons renouveler l’ACÉUM et nous débarrasser de ces droits de douane.
S'il reconnaît que les discussions en ce sens ont notamment été déraillées par une campagne publicitaire anti-tarifs du gouvernement Ford, M. Kingston estime qu'il n'y a aucune raison pour que nous nous trouvions dans cette situation.
Après tout, indique-t-il, le Canada est [aussi] la première destination d'exportation des automobiles américaines.
Il y a plusieurs bonnes raisons de reprendre les négociations.

Lana Payne est la présidente nationale du syndicat Unifor, qui représente de nombreux travailleurs du secteur canadien de l'automobile. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, abonde dans le même sens.
L’accord doit aussi tenir compte du gros problème, qui n’est pas le Canada, [...] mais plutôt les nombreux véhicules qui entrent sur les marchés américain et canadien en provenance de compagnies qui n’en construisent dans aucun de nos deux pays, affirme-t-elle.
C’est là un endroit où je pense que le Canada et les États-Unis peuvent trouver un terrain d’entente, signale Mme Payne.
Une ouverture aux véhicules chinois qui inquiète
Le syndicat avait d’ailleurs sonné l’alarme en janvier dernier, après que le premier ministre Mark Carney eut conclu un accord avec la Chine autorisant l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois par an, à un tarif douanier réduit de 6,1 %.
Lana Payne trouve d’ailleurs très inquiétante la possibilité de voir un constructeur chinois assembler des véhicules électriques à l’usine de Stellantis à Brampton, rapportée cette semaine par l’agence de presse Bloomberg, et que le premier ministre ontarien Doug Ford dénonce « avec véhémence ».
Questionnée jeudi à ce sujet, la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, a répondu que Stellantis allait devoir d’abord s’entendre avec le syndicat et la province de l’Ontario pour un tel projet.
Le constructeur automobile devra respecter des standards élevés pour les employés ainsi que la chaîne d’approvisionnement locale, a souligné la ministre.
Finalement, il faut que le logiciel soit sécuritaire, a conclu Mme Joly.
Avec des informations de Heather Kitching de CBC News


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