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Un tweet. C’est par un tweet que tout a commencé, le 13 juillet 2025, quand Paul Biya a annoncé sa candidature à la présidentielle camerounaise à l’âge de 92 ans. Un an plus tard, l’homme le plus âgé à diriger un pays au monde est toujours là. Mais dans quel état, et pour combien de temps encore, personne ne semble pouvoir le dire avec certitude.
Une campagne, une élection, un exil
Tout avait commencé comme en 2018 : un meeting à Maroua, des promesses non tenues, une stratégie électorale calquée sur le précédent scrutin. Sauf qu’en face, Issa Tchiroma Bakary a mobilisé une partie du septentrion resté fidèle à Paul Biya depuis des décennies. Le 12 octobre 2025, jour du vote, les scores remontés depuis certains bureaux ont fait vaciller le pouvoir. Le Conseil constitutionnel a fini par valider la victoire du président sortant avec 53,66% des suffrages, le 27 octobre.
Ça n’a pas suffi à calmer les choses. Des échauffourées ont éclaté à Garoua, plusieurs soutiens de l’opposant ont été arrêtés, dont Anicet Ekane, mort en détention. Tchiroma Bakary, lui, a choisi l’exil, d’abord au Nigeria, puis en Gambie. Le chiffre fait mal quand on pense qu’un septennat plus tôt, une partie de ce scénario s’était déjà jouée avec Maurice Kamto.
Une vice-présidence qui n’arrive pas, un président qui s’efface
Depuis février, une réforme constitutionnelle instaure un poste de vice-président, censé clarifier la succession en cas de vacance du pouvoir. Validée par le Parlement début avril, elle n’a toujours pas d’attributaire, quatre mois plus tard. Entre la première dame Chantal Biya, Franck Biya et d’autres barons du régime, les rivalités se sont exacerbées, ça pose question sur la capacité du système à gérer sereinement l’après-Biya.
Le 20 mai, jour de la fête nationale, Paul Biya est apparu diminué en public, victime d’un malaise. Il a fini par s’envoler pour Genève le 7 juin, malgré les réticences de conseillers américains inquiets d’un contexte jugé quasi insurrectionnel. Cinq jours après son départ, un homme s’est introduit à la télévision nationale avec un faux décret de nomination. La tentative a échoué.
Difficile de ne pas y voir le symptôme d’un pouvoir à bout de souffle, où chaque vide institutionnel devient une occasion de manœuvre. Les enquêtes se poursuivent au SED et à la DSP pour établir s’il s’agissait d’un coup monté ou d’un acte isolé.
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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