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Depuis sa naissance il y a huit mois, le petit Davyd est très peu sorti de la maison familiale, où il reste confiné. Ses parents redoutent les missiles et les drones russes qui pilonnent la ville depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022. Mais ce mercredi 28 octobre, Davyd, emmitouflé dans un polaire à motif de panda et coiffé d'un bonnet Mickey, a passé, avec ses parents, plus d'une heure à flâner dans les rues de la municipalité, profitant du soleil automnal. «Nous aimerions que ce soit toujours comme ça», confie Oleksandra, sa mère de 27 ans, alors que la famille passe devant le bureau du gouverneur, détruit par les bombardements et recouvert de filets antidrones.
Ce moment de répit a été rendu possible par la première dame des États-Unis, Melania Trump. Celle-ci a négocié un accord humanitaire afin de permettre aux résidents de la région de Kherson qui souhaitent partir de bénéficier d'un «soutien coordonné et d'un transport vers la destination de leur choix», que ce soit en Russie ou ailleurs en Ukraine. Entré en vigueur le mardi 27 octobre, le cessez-le-feu doit durer trois jours, rapporte le New York Times.
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Passée sous occupation russe dès les premiers jours de la guerre, la ville d'Olechky est située sur le fleuve Dniepr, dans l'oblast de Kherson. Alors qu'elle comptait près de 24.000 habitants avant le conflit, elle n'en abrite désormais plus qu'environ 2.000. Depuis mai, la ville est fortement isolée et la population est confrontée à de graves pénuries alimentaires et de médicaments. La trêve doit notamment permettre de déminer les routes d'évacuation pour que les civils puissent quitter les lieux.
Animation inhabituelle dans le centre-ville
Ce répit soudain bouleverse le quotidien des citadins de l'une des villes les plus dangereuses du pays. Les drones russes y traquent les civils, dans le cadre d'opérations qualifiées de «safari humain» par les autorités ukrainiennes. Mais ce mercredi 28 octobre, les rues ont retrouvé une animation inhabituelle. Les passants déambulent, à la fois perplexes et prudents. Yurii Kryvyi, peintre de 61 ans, s'est rendu à pied chez son ami Viktor pour lui montrer l'une de ses dernières œuvres. Pour marquer cette brève accalmie, Yurii veut «de la bière et des cigares». «Les cigares sont trop chers, lui répond Viktor. Mais du tabac, oui!» «C'est une belle journée, poursuit-il. Il y a du soleil. Et enfin, c'est le calme. On en a marre de fuir les drones.»
Un groupe d'adolescents s'est réuni pour redécouvrir les lieux de leur enfance, désormais interdits d'accès depuis plusieurs années: le cinéma fermé, une aire de jeux délabrée, les anciennes écoles. Depuis 2022, les cours sont dispensés en ligne. Vadym, 14 ans, est soulagé que les habitants d'Olechky puissent enfin se mettre à l'abri. Mais, comme beaucoup d'autres, il craint qu'une fois la ville vidée de ses civils, Moscou renforce ses positions sur place et intensifie ses attaques contre Kherson. «S'ils apportent davantage de munitions, la situation ne fera qu'empirer», redoute-t-il. Oleksandra Kosenko, 37 ans, partage ses inquiétudes. «Ce sera pire qu'avant, estime-t-elle. Une fois que la trêve sera terminée, nous ne devrions plus sortir de chez nous.»
De nombreux habitants profitent du cessez-le-feu pour constituer des réserves de nourriture en prévision des mois à venir et accomplir des tâches devenues trop dangereuses au quotidien, comme aller chez le vétérinaire ou à la banque. Dans les rues, les agents municipaux s'attellent à ramasser les feuilles mortes et à réparer les filets antidrones troués. Ohla Avramko, 71 ans, s'est rendue au centre-ville avec son mari pour constater l'état de la maison de sa fille, partie en 2022. La villa ressemble à une capsule temporelle de l'époque de la paix, raconte-t-elle. De vieux jouets jonchent toujours les lits de ses petits-enfants.
Aux yeux de la retraitée, le cessez-le-feu «ressemble surtout à une opération de communication» destinée à servir la campagne politique américaine, à l'approche des élections de mi-mandat. «Je m'inquiète un peu de ce qui va se passer après ça», confie-t-elle.





























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