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La sidérurgie ukrainienne ne manque plus de commandes : pour l’instant, elle manque surtout d’usines capables de tourner.
La sidérurgie ukrainienne vient de subir un nouveau choc majeur. Selon le Financial Times, les trois grands complexes sidérurgiques encore actifs en Ukraine ont été mis à l’arrêt après une succession de frappes ayant touché notamment leurs hauts-fourneaux et leurs infrastructures énergétiques. Deux de ces installations sont liées au groupe Metinvest, tandis que la troisième est exploitée par ArcelorMittal à Kryvyi Rih.
Ces trois sites représentaient ensemble environ 90 % de la production ukrainienne d’acier. Oleksandr Vodoviz, responsable du bureau du directeur général de Metinvest, résume la situation sans détour : « Aujourd’hui, l’Ukraine n’a plus d’industrie sidérurgique. » Plus de 15 000 salariés travaillent dans les entreprises directement concernées par ces arrêts.
Metinvest et ArcelorMittal durement touchés
Chez Metinvest, la situation s’est dégradée rapidement. le groupe indique que Zaporizhstal a subi d’importants dégâts sur ses installations de production, son réseau énergétique et ses infrastructures logistiques. Kamet Steel, autre site important du groupe, a également suspendu son activité après une frappe début septembre.
À Kryvyi Rih, ArcelorMittal a confirmé qu’une attaque de missile balistique avait touché le secteur de son complexe de production de fonte. Deux employés d’une entreprise sous-traitante ont été tués et deux salariés blessés. La production primaire d’acier a été stoppée, tandis que le reste du complexe fonctionne au minimum ou demeure à l’arrêt.
Le ministère russe de la Défense a de son côté affirmé avoir visé, le 12 septembre, des installations métallurgiques à Kryvyi Rih utilisées, selon Moscou, pour produire des matériaux destinés à la fabrication d’armes et d’équipements militaires. Cette présentation de l’usage militaire des installations relève de la version russe ; les entreprises ont pour leur part confirmé les frappes et les dégâts, sans reprendre cette qualification.
Des milliers d’emplois et des recettes fiscales en jeu
La question dépasse largement la seule production d’acier. Metinvest rappelle qu’avant la guerre, la sidérurgie figurait parmi les principaux contributeurs au budget ukrainien. La paralysie des grands complexes industriels arrive au moment où les besoins financiers de l’Ukraine restent considérables, tant pour son budget que pour ses dépenses militaires.
Pour les entreprises, l’urgence consiste désormais à évaluer ce qui peut être réparé. Vodoviz reconnaît que personne ne sait encore si les travaux prendront « des jours, des semaines, des mois ou des années ». Chez ArcelorMittal, le constat est similaire : le groupe juge encore trop tôt pour fournir une estimation crédible de la durée des réparations.
Un secteur stratégique désormais paralysé
La formule selon laquelle l’Ukraine n’aurait « plus d’industrie sidérurgique » doit toutefois être comprise dans son contexte. Elle désigne avant tout l’arrêt des trois grands complexes sidérurgiques intégrés qui concentraient près de 90 % de la production nationale. Elle ne signifie pas que toute activité métallurgique a disparu du territoire ukrainien.
Reste que la perte, même temporaire, d’une telle part des capacités de production constitue un choc industriel considérable. Tant que les hauts-fourneaux et les installations endommagées ne pourront pas redémarrer, l’Ukraine devra davantage compter sur les importations pour certains produits sidérurgiques, avec des conséquences directes sur les coûts, l’emploi et les recettes fiscales.


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