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10 % des salariés supprimés chez Uber : pendant que les humains partent, le « futur autonome » avance.
Attention toutefois au raccourci. Uber n’affirme pas avoir licencié 3 300 personnes parce qu’une intelligence artificielle aurait pris leur poste. La restructuration vise d’abord les couches hiérarchiques, les fonctions de coordination et une organisation devenue, selon son patron Dara Khosrowshahi, trop complexe.
La chronologie reste néanmoins savoureuse. Les humains commencent à quitter l’organigramme pendant que les voitures apprennent précisément à se passer d’eux.
Uber va couper 3000 jobs à cause de la montée des robotaxis
Mais vous inquiétez pas, le CEO a dit que ce n'est pas la faute de l'IA 😅https://t.co/nqSRRrfOae pic.twitter.com/8G78mV49Ze
— Momotchi (@mmtchi) October 1, 2026
Uber veut devenir « plus simple et plus rapide »
Dans son annonce officielle du 2 septembre, Dara Khosrowshahi explique qu’Uber réduit ses effectifs d’environ 10 %. L’objectif affiché consiste à supprimer des niveaux hiérarchiques, regrouper certaines équipes et consacrer davantage de moyens aux secteurs jugés prioritaires.
Le nettoyage touche particulièrement l’encadrement. Uber affirme avoir réduit de 20 % le nombre de salariés situés à sept niveaux hiérarchiques ou davantage du PDG. Les « micro-équipes », ces petites structures composées parfois d’un manager pour seulement un ou deux subordonnés, ont presque été divisées par deux.
Traduction pour ceux qui ne parlent pas couramment le dialecte des directions générales : moins de réunions pour organiser les réunions, moins de chefs pour coordonner les coordinateurs.
Sur ce point, difficile de reprocher aux machines quoi que ce soit. Pour une fois, les robots n’ont même pas encore eu besoin de venir travailler pour que les bureaux commencent à se vider.
Pendant ce temps, Uber construit son « avenir autonome »
Le passage le plus intéressant du communiqué se trouve quelques lignes plus bas. Uber explique que les économies réalisées doivent permettre de dégager davantage de capacités pour investir dans « la croissance, l’innovation » et les technologies qui compteront dans les prochaines années.
Dara Khosrowshahi cite lui-même l’ambition de « construire l’avenir autonome ».
Et cet avenir n’est déjà plus une présentation PowerPoint. Uber développe ses partenariats dans les véhicules sans chauffeur et déploie progressivement des robotaxis. À Londres, l’entreprise a notamment lancé en septembre des courses autonomes supervisées avec Wayve.
Le phénomène dépasse largement Uber. Tesla fait déjà circuler son Cybercab à Austin, un véhicule conçu dès le départ sans volant ni pédales.
Aujourd’hui, Uber assure donc qu’il supprime des postes pour simplifier son organisation, pas pour remplacer directement ces salariés par une intelligence artificielle. C’est factuellement important.
Mais regarder uniquement la cause immédiate des licenciements ferait manquer le mouvement de fond.
Après les managers, les chauffeurs ?
L’automatisation ne remplace pas nécessairement un salarié du jour au lendemain. Elle modifie d’abord la manière dont une entreprise calcule ses besoins humains.
Nous l’avons déjà constaté avec les mannequins générés par intelligence artificielle chez Mango, ou avec un journal argentin produit largement par IA. La question économique est toujours la même : combien de personnes faut-il encore payer lorsqu’un logiciel ou une machine peut accomplir une part croissante du travail ?
Pour Uber, la question devient particulièrement brutale puisque son activité historique repose sur des millions de chauffeurs humains. Si les robotaxis deviennent réellement fiables, autorisés et rentables à grande échelle, leur intérêt économique ne sera évidemment pas de préserver le nombre actuel de conducteurs.
Les 3 300 suppressions de postes annoncées aujourd’hui ne prouvent donc pas que « l’IA a licencié 3 300 salariés ».
Elles donnent en revanche une photographie assez nette du monde qui se prépare : des organisations plus petites, davantage automatisées, et des capitaux réorientés vers des technologies capables de réduire encore la quantité de travail humain nécessaire.
La voiture autonome n’a peut-être pas encore remplacé votre chauffeur Uber. Elle a déjà une ligne dans le budget.
Et pour 3 300 salariés, le futur vient manifestement de commencer un peu plus tôt que prévu.


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