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Qui est Kevin T. ? Pourquoi a-t-il tiré ? Que sait-on des victimes et du mobile raciste présumé ?
Vendredi matin, peu après 10 heures, un homme circule dans Trappes, dans les Yvelines, au volant d’une Renault Clio grise. Armé d’un pistolet-mitrailleur de type Sten, il tire d’abord sur une voiture occupée par une mère et sa fille, avenue Hector-Berlioz, puis sur la façade d’une maison de santé. Il rejoint ensuite le square Louis-Pergaud, où Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est mortellement touché.
Les coups de feu se poursuivent près d’une station-service avant de gagner La Verrière, commune voisine. Cinq personnes sont blessées au total, dont une fillette de 12 ans hospitalisée à Necker, à Paris. Vers 10 h 20, des policiers de la brigade anticriminalité interpellent le suspect à Coignières. Il s’agit de Kevin T., 39 ans, domicilié à Plaisir. La justice antiterroriste se saisit de l’enquête.
Pourquoi Macron parle d’un attentat raciste
Vendredi soir, sur les lieux de la fusillade, Emmanuel Macron a qualifié les faits d’« attentat terroriste raciste ». Interrogé sur les éléments justifiant cette qualification, il a avancé deux faits précis : le suspect « a épargné des gens en raison de leur peau, ou en tout cas ce qu’il croyait être » et certains de ses propos ont été consignés dès les premières heures. Le chef de l’État a également affirmé que Kevin T. avait assumé son acte.
Ce sont les indications publiques les plus directes sur le mobile. Elles suggèrent un choix délibéré des personnes visées, et pas seulement une série de tirs ayant frappé, par hasard, des victimes d’origines différentes. Le président n’a toutefois donné ni les paroles exactes attribuées au suspect, ni l’identité des personnes qu’il aurait épargnées. Aucun procès-verbal détaillant ces faits n’a été rendu public.
Selon plusieurs sources proches de l’enquête citées par Le Monde, l’assaillant semble avoir ciblé des personnes noires ou perçues comme issues de l’immigration. Ce ciblage apparent figure parmi les raisons de la saisine du Parquet national antiterroriste, avec l’utilisation d’une arme automatique et la volonté supposée de semer la terreur.
Un jeune combattant de MMA tué, une enfant grièvement blessée
La victime décédée, Pengo Bossio Wangi, était originaire de Poissy. Passionné d’arts martiaux mixtes (MMA), il avait fréquenté l’Atch Academy, à Aubervilliers, où ses partenaires lui ont rendu hommage. Son entraîneur, interrogé par Le Parisien, décrit un jeune homme apprécié de tous, qui rêvait de passer professionnel.
Près de la station-service Esso, un homme de 21 ans a été grièvement atteint et une femme de 40 ans plus légèrement blessée. À La Verrière, deux hommes de 29 et 49 ans ont été touchés. Une fillette de 12 ans, blessée à plusieurs reprises, a été transportée à l’hôpital Necker. Vendredi soir, le parquet indiquait que l’état médical des blessés n’était pas encore stabilisé.
Kevin T., 39 ans, et la découverte d’un appartement piégé
Né en 1987, Kevin T. était connu de la police pour des faits de droit commun. D’après les informations recueillies par Le Monde, son passé judiciaire comporte treize mentions, notamment pour vol, usage de stupéfiants et conduite en état d’ivresse ; la dernière remonte à 2013. Il n’était pas identifié par les services de renseignement comme appartenant à une mouvance d’ultradroite.
Lors de la perquisition de son logement à Plaisir, les policiers ont découvert un dispositif de piégeage composé de trois bouteilles de gaz reliées à des fils électriques et à un minuteur, selon le parquet. Le RAID et les démineurs sont intervenus. Cette découverte nourrit les investigations sur la préparation de l’attaque, sans expliquer à elle seule les convictions du suspect.
Attention aux fausses informations sur son identité
L’enquête de vérification de Libération, publiée le 23 octobre, révèle qu’un autre homme portant presque le même nom, vivant également à Plaisir, a été confondu avec le suspect. Des photos, des publications sur sa solitude et des informations sur des antécédents psychiatriques ont ainsi été diffusées à tort comme appartenant au tireur.
Une qualification terroriste, des vérifications encore nécessaires
Le Parquet national antiterroriste enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l’origine ou à la religion, réelle ou supposée, des victimes. Cette qualification définit le cadre des investigations ; elle ne préjuge pas de leur conclusion judiciaire.
À ce stade, aucune appartenance du suspect à un groupe organisé n’a été établie publiquement, pas plus que l’existence d’un manifeste ou d’une revendication. Les enquêteurs doivent encore préciser les propos tenus par Kevin T., reconstituer le choix de ses cibles et déterminer s’il a agi seul. Les déclarations de Macron sont précises, mais les éléments qui les étayent ne sont pas encore accessibles au public.


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