Voici une affaire, tordue et glauque à souhait, qui aurait pu inspirer un Gérard de Villiers. Disparu en 2013, le romancier connu pour sa série SAS (et ses sources issues du monde du renseignement) avait consacré son dernier opus à la mort cette même année du sulfureux oligarque et opposant russe Boris Berezovsky. Un bien étrange suicide qui arrangeait si bien les affaires du Kremlin… L’ironie du sort voudra que la protagoniste de notre affaire porte le même nom de famille: Anastasiia Berezovska. Cette Ukrainienne de 39 ans domiciliée en Allemagne était la principale suspecte dans la tentative d’assassinat contre l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev et sa famille à Monaco le 29 juin à l’aide d’un colis piégé.
Une notice d’Interpol a été délivrée à son encontre, mais sa cavale n’a pas duré très longtemps. Lundi dernier, son corps, criblé de balles et enterré à la hâte, a été retrouvé dans un bois de la banlieue de Kiev. Oukraïnska Pravda, l’emblématique journal de la capitalea été le premier à faire le lien entre cette découverte et la retentissante affaire de Monaco. Mardi, la police, les services de sécurité intérieure (SBU) et le parquet ont confirmé l’information en révélant que deux hommes avaient déjà été arrêtés dans le cadre de cette affaire. Ils sont accusés d’homicide volontaire commis en bande organisée. La fugitive aurait été tuée peu après son retour en Ukraine, le 1er juillet dernier en autocar.Selon la police, l’un d’eux est un officier en exercice du GUR, les services de renseignement de l’armée; l’autre est présenté comme un «ancien employé des forces de l’ordre». Ils seraient les commanditaires de l’attentat contre Ermolaev. Fait encore plus troublant, lors de la perquisition chez l’un d’entre eux, «une cave ressemblant à une salle de torture a été découverte», révèle le communiqué du parquet qui publiela vidéo de cette macabre découverte.


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