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Trump qualifie les manifestations en France de « révolution » et exige des expulsions massives

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S’exprimant mardi à la Maison-Blanche au nom d’une classe dirigeante assiégée, le président Donald Trump a décrit les manifestations de masse en France comme une « révolution » et exigé que les gouvernements européens y répondent par des expulsions massives.

Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le mardi 20 octobre 2026, à Washington. [AP Photo/Jacquelyn Martin]

Lors du même événement, censé être consacré à la lutte contre la « fraude », Trump a menacé la représentante Ilhan Omar d’emprisonnement ainsi que d’expulsion, en plus de ses habituelles attaques racistes visant les immigrés somaliens.

Les propos de Trump traduisent la peur qui s’empare de la classe dirigeante alors que des travailleurs et des jeunes entrent en lutte contre le fascisme, les inégalités, le militarisme et la répression policière. Sa réponse consiste à présenter cette opposition sociale comme une invasion par des étrangers et à exiger l’expulsion des « insurgés ».

« Si vous regardez ce qui se passe en France, je fais ça depuis longtemps. J’observe d’autres pays depuis longtemps, et je n’ai jamais rien vu de pareil », a déclaré Trump. « Ce n’était pas une petite émeute, ce n’était pas une petite manifestation, c’était une révolution. Et ça continue, ça continue. »

Il s’est ensuivi une diatribe raciste. « Nous voulons donc être utiles, nous voulons être à leurs côtés et tout ça, mais si ça continue, il n’y aura bientôt plus d’Europe. Et ce sont surtout des immigrés. »

La tirade de Trump a débuté lorsqu’un journaliste de droite lui a demandé si l’« agenda socialiste » allait amener aux États-Unis les difficultés économiques auxquelles la France est confrontée. Le cadrage fallacieux de la question présentait comme du socialisme la politique d’austérité du gouvernement capitaliste d’Emmanuel Macron.

Trump s’est vanté de la croissance américaine et a déclaré : « La France n’a aucune croissance. La France croît dans l’autre sens, et c’est parce que leurs programmes sociaux sont féroces. » Il s’est ensuite tourné aussitôt vers les immigrés.

« Mais je maintiens que, et certains disent que c’est controversé, mais je m’en fiche, c’est un problème d’immigration. Des gens sont arrivés en masse en France, et eux aussi n’ont fait l’objet d’aucun contrôle ni d’aucune vérification, comme sous Biden quand il faisait ça, nous, nous ne faisons pas ça. Nous en avons expulsé beaucoup et nous en expulsons beaucoup d’autres. »

Trump a affirmé que son administration ciblait « les pires parmi les pires », un mensonge éhonté, et a parlé d’immigrés qu’elle « traquait ». Il a en outre affirmé que la prospérité économique se poursuivrait tant que les attaques contre les immigrés continueraient : « Nous avons une croissance formidable et nous avons fermé les frontières. »

Il s’en est également pris à l’Espagne. « Pour la France et toute l’Europe, vous avez vu ce qui s’est passé en Espagne, où ils ont pris l’Espagne d’assaut. Ils sont arrivés par dizaines de milliers, ils sont tous simplement arrivés en masse en Espagne. Et l’Espagne ne fait rien. »

En réalité, le gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de Sumar a apporté une réponse de droite brutale lorsque, en juillet, quelque 70 000 personnes ont franchi ou tenté de franchir la frontière de Ceuta, l’enclave espagnole d’Afrique du Nord. Madrid a déployé l’armée aux côtés de la police, a bloqué l’accès à l’Espagne continentale et a collaboré avec le Maroc pour procéder à des expulsions massives. Le gouvernement s’est ensuite vanté d’avoir expulsé environ 90 pour cent de ces personnes.

Trump exige l’intensification d’une offensive anti-immigrés déjà menée par les gouvernements capitalistes européens, y compris ceux dirigés par des partis officiellement « de gauche ».

Revenant sur la France, Trump, qui supervise actuellement la « rénovation » de la Maison-Blanche et la fermeture du Kennedy Center, a soutenu que les immigrés détestaient les pays dans lesquels ils vivaient : « Ils n’aiment pas les bâtiments, ils n’aiment pas l’art, ils n’aiment rien dans le pays et ils n’aiment pas les gens. Ils n’ont aucune raison de ne pas faire ce qu’ils ont fait en France. »

Il a dit avoir averti son « ami le président Macron » en ces termes : « Si vous n’arrêtez pas le problème de l’immigration, il ne vous restera plus de pays », et avoir adressé le même message à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne. Après avoir dénoncé le maire de Londres, il a exigé : « S’ils n’y mettent pas un terme et n’expulsent pas des gens, et je ne parle pas seulement de quelques-uns, il faut expulser des gens. Foutez-les dehors. »

Le chef du coup d’État manqué du 6 janvier 2021 a ajouté : « Vous allez devoir expulser ces gens qui sont des insurgés. Vous allez devoir les faire sortir du pays. Vous ne pouvez pas simplement dire : “Oh, nous n’en prendrons plus.” »

Plus tard, il a écarté explicitement les griefs qui avaient poussé les étudiants à entrer en lutte : « Il ne s’agit pas d’éducation, il s’agit d’immigration. Il s’agit de gens illégaux qui arrivent et qui, au fond, haïssent la France, haïssent les gens, haïssent tout. »

Trump a salué la publication du vice-président JD Vance du 17 octobre, qui déclarait : « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et dans d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. » Vance ajoutait : « Et j’espère que les Américains font attention. C’est l’avenir que les démocrates du Congrès veulent pour votre pays. » Le conseiller de la Maison-Blanche Stephen Miller a republié ce message.

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Publication du vice-président JD Vance du 17 octobre 2026 rejetant sur les immigrés la responsabilité des manifestations de masse en France, republiée par le conseiller de la Maison-Blanche Stephen Miller.[/img]

Prétendre que les démocrates soutiennent les droits des immigrés ou les travailleurs et les étudiants qui protestent est une imposture. Sous Joe Biden, les démocrates ont pratiquement supprimé le droit d’asile et tenté de faire adopter, avec le soutien des républicains, un projet de loi de plus de 20 milliards de dollars instaurant un État policier aux frontières, qui aurait aussi financé le mur frontalier de Trump. Les démocrates ne s’opposent pas à Trump : ils sont ses fidèles collaborateurs.

Les attaques de Trump contre les immigrés comprenaient de nouvelles menaces à l’encontre de la représentante Ilhan Omar. Le domicile à Washington de l’élue démocrate du Minnesota a fait l’objet d’une descente le 12 octobre de la part d’agents de Homeland Security Investigations, et plusieurs membres de sa famille et des amis ont reçu des assignations concernant des documents d’immigration déposés par son père, aujourd’hui décédé, alors qu’Omar était adolescente.

Interrogé sur la possibilité d’expulser Omar s’il y avait « un problème concernant son âge », Trump a répondu : « C’est possible. Elle pourrait aussi aller en prison. Elle pourrait aussi aller en prison. Vous savez, ils n’arrêtent pas de parler d’expulsion, mais elle pourrait aller en prison. »

Il a poursuivi : « Ce n’est que mon opinion, je pense que c’est une personne malade, très malhonnête, qui déteste notre pays. Et elle vient d’un pays qui n’est même pas vraiment un pays, la Somalie. C’est un vrai trou à rats, d’accord ? »

Trump a affirmé que l’élection d’Omar était due aux « Somaliens » qui avaient voté pour elle. Omar représente le 5e district du Congrès pour le Minnesota, qui englobe toute la ville de Minneapolis et ses banlieues. Environ 58 pour cent de ses habitants sont des Blancs non hispaniques, selon la présentation par Census Reporter des données 2024 de l’American Community Survey. En attribuant l’élection d’Omar à la participation de citoyens américains d’origine somalienne, Trump cherche à la présenter, elle comme toutes les victoires non républicaines, comme illégitime.

Plus tôt, Trump avait fait l’éloge du propagandiste de droite Nick Shirley pour ses vidéos s’attaquant aux immigrés du Minnesota. Il a accusé « la communauté somalienne » d’avoir « volé des milliards et des milliards de dollars, l’argent des contribuables, au moyen de centres de garde d’enfants frauduleux et d’escroqueries ». Il a ensuite déclaré le gouverneur Tim Walz « coupable à 100 pour cent » et mis en cause le procureur général Keith Ellison et Omar.

« Ils savaient tous. Cette petite, petite représentante, cette adorable petite bonne femme, elle savait, ils savaient tous, des escrocs et des voleurs tellement nuisibles à notre pays. »

Miller a développé le même récit racial, dépeignant les immigrés somaliens comme des bénéficiaires du clientélisme démocrate qui créent des entreprises frauduleuses et vivent dans le luxe aux dépens des travailleurs. Il les a opposés à « vous, le citoyen américain qui a travaillé toute sa vie » et a déclaré : « Voilà ce que le Parti démocrate vous a fait. »

Cette agitation a pour but de diviser la classe ouvrière par le racisme. De même que Hitler rejetait la faute sur le « judéo-bolchevik » ou le « bolchevisme juif » dans l’Allemagne nazie, les oligarques d’aujourd’hui rejettent sur les « musulmans », les « immigrés » et le « socialisme » la responsabilité de la destruction du niveau de vie.

Les manifestations en France et dans toute l’Europe naissent de l’opposition aux inégalités croissantes, au démantèlement de l’éducation et des services publics et au détournement des ressources de la société vers la guerre. Les classes dirigeantes de France, des États-Unis et du monde entier n’ont aucune réponse progressiste à ces griefs, car ceux-ci découlent du système capitaliste qu’elles défendent.

La désignation des immigrés comme boucs émissaires substitue une explication nationaliste à une crise de classe. L’alarme de Trump face à une « révolution » trahit sa crainte que les travailleurs et les étudiants américains reconnaissent leurs propres conditions dans les luttes qui se déroulent en Europe. Les travailleurs français, les travailleurs immigrés et les travailleurs américains sont confrontés au même système d’exploitation et au même virage vers la dictature.

La réponse est l’unité internationale de la classe ouvrière, organisée indépendamment des partis capitalistes et des bureaucraties syndicales. La défense des immigrés et des droits démocratiques doit être liée à la lutte contre l’austérité, la guerre impérialiste et l’oligarchie capitaliste.

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