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Publications se moquant ou injuriant Donald Trump, vidéos créées par l’intelligence artificielle, louanges des autorités : des comptes iraniens, officiels ou pas, inondent les réseaux sociaux pour exposer leur vision de la guerre au Moyen-Orient.
Oubliés, les longs communiqués diplomatiques. Depuis que le président américain enchaîne les menaces, parfois accompagnées d’insultes, les comptes des ambassades iraniennes, qui étaient parfois en sommeil, sont en ébullition.
Public ciblé : les internautes à l’étranger, puisque la plupart des plateformes comme X sont bloquées depuis des années en Iran, où les habitants ne peuvent s’y connecter qu’avec des VPN (réseau privé virtuel).
L’accès général à Internet est en outre fortement restreint dans le pays depuis le début de la guerre avec Israël et les États-Unis le 28 février, une coupure d’une longueur inédite à l’échelle d’un pays selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.
« Crise de colère »
La plupart des Iraniens n’ont donc pas pu lire mardi le message de l’ambassade de Turquie, traitant Donald Trump de « psychopathe » après ses propos annonçant l’éradication à venir d’une « civilisation entière ».
« Alexandre l’a incendié, les Mongols l’ont ravagé, l’Histoire l’a testé : l’Iran est toujours là. Les menaces d’un psychopathe ne feront pas disparaître ce que le temps n’est pas parvenu à faire disparaître », a-t-elle écrit sur X.
Lorsqu’il a menacé de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre », la représentation en Thaïlande a raillé : « À en juger comment le président des États-Unis jure comme un adolescent, on dirait que les États-Unis ont atteint l’âge de pierre plus vite que prévu ».
Pendant ce temps, l’ambassade au Sierra Leone le comparait à un « enfant piquant une nouvelle crise de colère », dans un message accompagné d’une caricature.
Sauver le pilote américain
La semaine dernière, l’opération américaine de sauvetage d’un aviateur dont l’appareil s’était écrasé en Iran, que Téhéran dit avoir abattu, a également mis en lumière des récits concurrents.
Alors que Washington a salué un succès, les comptes en anglais des médias iraniens progouvernementaux sur X, comme celui de l’agence Tasnim, ont eux qualifié l’opération de « Tabas II », du nom de la zone désertique iranienne où une tentative américaine de sauvetage d’otages de l’ambassade en 1980 s’était soldée par un désastre.
Dans l’une de ses dernières vidéos, un groupe appelé Explosive Media, qui se décrit comme une « équipe iranienne faisant des animations façon Lego », évoque aussi l’opération.
On y voit la figurine de Donald Trump, la main bandée, fulminant au téléphone tandis que le sauvetage tourne mal et que les appareils américains déployés sont abattus — ce que Washington nie fermement.
D’autres comptes ont diffusé de fausses images d’un pilote américain perdu en Iran, l’imaginant accueilli par la population locale, dansant et festoyant.
« On vous attend »
Du côté des responsables, qui ont eux le droit d’utiliser les réseaux sociaux, l’influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, est particulièrement actif dans cette guerre de propagande.
« Si vous venez chez nous […] vous nous trouverez tous au grand complet. Armés, prêts et droits comme des “i”. Venez, on vous attend », a-t-il écrit début avril, en réaction à une éventuelle offensive terrestre américaine.
Le guide suprême Ali Khamenei, bien que tué au premier jour de la guerre, n’en est pas moins présent en ligne, ses comptes sur X et Telegram continuant d’être alimentés, parfois plusieurs fois par jour, par des commentaires tirés d’anciens discours.
« Suivre Jésus-Christ — que la paix soit sur lui — implique nécessairement de soutenir la vérité […] », a-t-on pu lire à l’occasion de Pâques, reprenant des propos datant de 1995.
Son fils et successeur, Mojtaba, n’a, lui, toujours pas été aperçu en public depuis sa désignation, mais dispose de ses propres chaînes X et Telegram, très suivies.
Loin des émojis et des vidéos Lego, elles diffusent des déclarations et messages de condoléances, dépourvus de toute image de lui ou preuve de vie.


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