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La première ministre japonaise a préservé jeudi sa bonne entente avec Donald Trump, malgré la retenue de Tokyo face à l’offensive américaine contre l’Iran et en dépit d’une stupéfiante allusion du président américain à l’attaque de Pearl Harbor.
Le dirigeant républicain, qui ne tarit pas d’éloges pour Sanae Takaichi depuis leur rencontre au Japon à l’automne dernier, a salué sa bonne volonté face à ses demandes d’aide pour sécuriser le transport maritime dans le Golfe.
« Je pense que, d’après les déclarations qui nous ont été faites hier et avant-hier concernant le Japon, ce pays monte vraiment au créneau, oui », a déclaré le président américain aux côtés de la première ministre dans le Bureau ovale, ajoutant après une pause « pas comme l’OTAN ».
Il n’a pas précisé quelles étaient ces « déclarations » ni quels engagements la dirigeante japonaise avait pris, elle qui a plusieurs fois appelé à tenir compte des contraintes légales propres à son pays.
La Constitution japonaise, imposée en 1947 par les États-Unis après la capitulation japonaise, implique de renoncer à la guerre.
« Surprise »
Dans le moment le plus frappant de l’entrevue, Donald Trump a d’ailleurs fait allusion directement à ce contexte historique.
Lorsqu’un journaliste japonais lui a demandé pourquoi il n’avait pas prévenu ses alliés dont le Japon du déclenchement de la guerre en Iran, le président américain a répondu avoir voulu garder l’élément de surprise.
« Qui connaît mieux les surprises que le Japon ? », a-t-il alors lâché. « Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de Pearl Harbor ? »
L’ombre d’une grimace a semblé passer sur le visage de la première ministre japonaise, qui s’est reculée dans son fauteuil.
Le Japon a mené une attaque surprise contre la marine américaine à Pearl Harbor, à Hawaï, en décembre 1941 provoquant l’entrée en guerre des États-Unis.
La scène rappelle une rencontre en juin entre Donald Trump et le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Le républicain, avec sa conception binaire de l’Histoire, dans laquelle il voit des « vainqueurs » ou des « perdants », avait lancé que le débarquement allié de juin 1944 n’avait pas été « une très bonne journée » pour les Allemands.
Accolade
Le dirigeant allemand avait répliqué que cette journée avait conduit à la fin du régime nazi.
La réunion jeudi a débuté par une chaleureuse accolade entre le dirigeant républicain et la conservatrice de 65 ans.
Donald Trump a eu jeudi de nombreux compliments pour Sanae Takaichi, une « personne très spéciale », une « femme formidable ».
La rencontre s’annonçait délicate pour la première ministre, qui n’est pas allée jusqu’à promettre d’envoyer des forces militaires pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran.
Le conflit porte un coup conséquent à la sécurité énergétique et à l’économie japonaises. Quatrième économie mondiale, le Japon est le cinquième importateur de pétrole. Quelque 95 % de ses approvisionnements proviennent du Moyen-Orient et 70 % transitent par le détroit.
Sanae Takaichi a dit aux côtés de Donald Trump que le Japon « condamnait » les attaques de l’Iran contre les pays de la région, et a présenté le président américain comme seul capable d’apporter la « paix » dans le monde.
Chine
Le républicain avait appelé dimanche ses alliés, dont le Japon, et la grande rivale des États-Unis, la Chine, à fournir leur assistance pour rouvrir le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole.
Les refus successifs opposés par la quasi-totalité des pays alliés ont provoqué la fureur de Donald Trump.
Jeudi, le Japon s’est associé à la France, au Royaume-Uni, à l’Allemagne, à l’Italie et aux Pays-Bas pour se dire « prêt à contribuer » à sécuriser le détroit, dans un communiqué commun.
Sanae Takaichi a par ailleurs souligné dans le Bureau ovale que « l’environnement sécuritaire devenait de plus en plus difficile dans la zone indo-pacifique ».
Alors que la relation entre le Japon et la Chine s’est tendue récemment, Tokyo s’inquiète d’un possible désintérêt du gouvernement Trump face aux ambitions chinoises dans la région.


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