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Donald Trump et le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, ont tous deux reconnu, lundi, avoir discuté du carton rouge infligé à un joueur américain, mais ont démenti que l'annulation de la suspension résultait de pressions politiques.
Cette intervention du président américain, sans précédent dans le monde du soccer, a soulevé une immense controverse.
Le président Trump a confirmé avoir appelé le patron de la FIFA, un allié fidèle, pour demander un réexamen du carton rouge infligé à l'attaquant vedette de l'équipe américaine, Folarin Balogun, afin qu'il puisse participer au match contre la Belgique prévu lundi soir.
Oui j'ai parlé à Gianni, a-t-il répondu aux journalistes lors d'un événement à la Maison-Blanche, niant toutefois avoir exercé des pressions.
Je n'ai rien à voir avec la décision, a-t-il assuré.
Tout ce que j'ai fait, c'est de demander une révision parce que je ne pensais pas que c'était une faute [...] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire, et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision, a-t-il soutenu.
J'ai dit que je pensais que cela méritait d'être revu, parce que j'ai regardé l'action, et qu'il n'a rien fait de mal, a-t-il dit du geste de Folarin Balogun à l'origine de sa suspension.
Dimanche, la FIFA a annulé la suspension de l'athlète de 25 ans qui avait écopé d'un carton rouge après un tacle dangereux sur un joueur de l'équipe adverse lors du match des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine.
La décision de l'arbitre avait elle-même été contestée par de nombreux amateurs de soccer et analystes.
Cette sanction devait priver l'équipe américaine de son meilleur buteur lors du match de huitième de finale de la Coupe du monde 2026 contre la Belgique, qui se tiendra lundi soir à 20 h (HAE).
Grâce à la volte-face de la FIFA, le match sera plus équitable parce que les deux formations seront complètes, a argué Donald Trump, reprenant ses allégations non fondées sur la présidentielle de 2020, remportée par Joe Biden.
Et vous savez quoi? S’ils nous battent, alors ils pourront être vraiment fiers. De l'autre façon, s’ils nous battent, nous dirons que c’était – je dirai que c'était – truqué, tout comme l’élection de 2020 était truquée.
Ironiquement, le joueur qu'il a défendu est un citoyen américain en vertu du droit du sol, un principe constitutionnel qu'a contesté en vain le président des États-Unis jusqu'en Cour suprême.
Tout en admettant ne pas avoir su ce que c'était un carton rouge avant l'incident, Donald Trump s'est présenté comme un expert.
J’ai vu le jeu, et je suis quelqu’un qui aime le sport, qui a été un bon athlète, et je comprends très bien le sport, vraiment très bien, a-t-il affirmé.

Folarin Balogun, à droite, lors de sa faute contre le Bosnien Tarik Muharemovic
Photo : Associated Press / Jeff Chiu
Ce n’était pas une faute. [...] Il y avait deux gars qui couraient à pleine vitesse et qui sont entrés en collision. Ce sont deux grands athlètes qui se sont accrochés, a-t-il dit.
Je ne savais même pas ce qu'était un carton rouge. Quand je l'ai découvert, je me suis dit : "C'est pas vrai." Ce type [l'arbitre, NDLR] lève la main et ton meilleur joueur ne va pas jouer la semaine prochaine ou lors du prochain match, a-t-il lancé.
Il a par ailleurs remis en question l'intégrité de l'arbitre brésilien qui avait décerné le carton rouge, le qualifiant d'horrible et d'un peu suspect et appelant les médias à [se] pencher sur son passé.
Infantino défend l'intégrité de la FIFA

Le 5 décembre 2025, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a remis le « Prix de la paix de la FIFA » à Donald Trump.
Photo : Getty Images / Jia Haocheng
Le président de la FIFA a reconnu dans un communiqué avoir reçu un appel de Donald Trump, mais a assuré que l'annulation de la suspension de Folarin Balogun avait été prise de façon indépendante.
Il a dit discuter régulièrement avec le président américain sur des questions liées à la Coupe du monde, comparant leur plus récent appel à ceux qu'il a avec des chefs d’État, des responsables gouvernementaux, des intervenants du monde du football et des dirigeants d’entreprise du monde entier sur de nombreux sujets.
Au cours de notre conversation, j’ai expliqué qu’une procédure juridique était en cours devant les instances judiciaires indépendantes de la FIFA et que l’affaire serait tranchée en temps voulu par les organes compétents, a-t-il déclaré.
L'indépendance [des instances judiciaires de la FIFA] est essentielle à la crédibilité et à l’intégrité du football, et elle doit toujours être respectée.
La Fédération belge de soccer contestait la décision de la Fédération internationale de football association, mais la commission d'appel de la FIFA a rejeté son recours, lundi.
Ce n'est pas la première fois que Gianni Infantino se fait reprocher de se plier aux volontés de Donald Trump.
En décembre dernier, la FIFA a accordé au président américain le « Prix FIFA pour la paix », une toute nouvelle récompense conçue sur mesure pour lui. Donald Trump s'est régulièrement plaint de ne pas avoir reçu le Nobel de la paix.
Quelques mois plus tôt, le président américain avait affirmé qu'il garderait le trophée de la Coupe du monde des clubs de la FIFA au bureau ovale, tandis que l'équipe gagnante, Chelsea FC, aurait une copie.
Une décision décriée

L'arbitre Raphael Claus montre un carton rouge après une faute de Folarin Balogun lors d'un match des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine, le 1er juillet 2026.
Photo : Reuters / Phil Noble
Le fait que Donald Trump – qui vante régulièrement son amitié avec Gianni Infantino – soit intervenu a suscité des réactions indignées dans le monde, notamment en Belgique.
Si un appel téléphonique explique réellement cette décision incompréhensible, cela reviendrait à saper les règles les plus élémentaires du soccer et du sport, a par exemple déploré le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
L’Union des associations européennes de football (UEFA), a pour sa part dénoncé une décision inédite, incompréhensible et injustifiable, accusant même la FIFA d'avoir franchi une ligne rouge.
Le football, comme tous les autres sports, repose sur des règles, qui sont le fondement d’une compétition équitable, honnête et transparente, a-t-elle affirmé par voie de communiqué.
L'ancien président de la FIFA et détracteur d'Infantino, Sepp Blatter a pour sa part ironisé : Quo vadis [où vas-tu? en latin, NDLR], FIFA? : Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique, a-t-il asséné.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a fait écho aux propos du président Trump, estimant qu'une victoire de la Belgique contre des adversaires dépouillés de leur meilleur buteur manquerait de légitimité.
C'est peut-être en train de devenir un incident international, a-t-il blagué en marge d'un événement. Peut-être le soulèvera-t-on [au sommet de] l'OTAN demain quand nous serons avec la Belgique et tous les autres.
Avec les informations de Agence France-Presse et New York Times


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