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La pluie verglaçante a transformé les trottoirs, les pistes cyclables et les rues de Montréal en patinoire, lundi. Des vents forts et du temps plus froid sont prévus dans les prochaines heures, ce qui continuera de compliquer les déplacements du temps des Fêtes.
Karine Lafleur a subi de plein fouet le mauvais temps qui a frappé le sud du Québec, lundi : le sort a voulu qu’elle déménage ce jour précis où la glace s’est emparée des rues de la métropole. Avant l’arrivée des déménageurs, elle a marché longuement pour emmener son fils chez un ami, en matinée.
« Ce n’est pas évident de se déplacer. On est faits forts au Québec et à Montréal », a dit la mère de famille, rencontrée dans la rue William-Tremblay, dans Rosemont.
Elle marchait en pleine rue plutôt que de s’aventurer sur le trottoir glacé. Elle gardait quand même sa bonne humeur. En se promettant d’acheter une paire de crampons dès que possible.
Les autres piétons du secteur préféraient aussi côtoyer les voitures sur la chaussée couverte de sel et d’abrasifs — quitte à se faire parfois asperger de slush — plutôt que de risquer de tomber sur les trottoirs transformés en véritables patinoires.
Les équipes de la Ville de Montréal et des arrondissements sont mobilisées pour déneiger et déglacer les chaussées, les pistes cyclables et les trottoirs. Près de 3000 employés et 2500 véhicules de déneigement prennent part aux opérations de chargement sur les quelque 11 000 kilomètres que compte le réseau municipal.
Les déplacements en voiture étaient aussi compliqués lundi : Francis Fontaine a mis 80 minutes pour faire un trajet qui lui prend normalement 20 minutes, entre chez lui et le secteur Angus de Rosemont, où il est venu faire des courses. « Ça me rappelle le verglas de 1998 », a dit le Montréalais, qui peinait à garder l’équilibre en marchant vers sa voiture avec ses emplettes.
L’épisode de verglas de lundi était minime, comparé à la « crise du verglas » de janvier 1998. Entre 5 et 15 millimètres de pluie verglaçante étaient attendus lundi dans la région de Montréal.
En comparaison, l’épisode de pluie verglaçante de la fameuse crise d’il y a près de 30 ans avait duré cinq jours, laissant une couche de 10 centimètres de glace qui avait détruit des centaines de pylônes d’Hydro-Québec — et privé de courant plus de quatre millions de personnes pour une période allant jusqu’à cinq semaines.
Zone propice au verglas
« Il y a toujours du verglas en hiver dans le sud du Québec. Ça n’a rien d’inhabituel », a expliqué Georgina Barradas, météorologue à Environnement Canada.
Le Québec est parmi les endroits en Amérique du Nord où la pluie verglaçante est la plus abondante, précise le consortium de recherche climatique Ouranos. Ce type de phénomène survient le plus fréquemment dans certaines vallées selon leur topographie, notamment celles du fleuve Saint-Laurent, de Montréal à Tadoussac, de la rivière des Outaouais, de la rivière Richelieu et de la rivière Saguenay.
« Pour l’Amérique du Nord, un déplacement vers le nord de la zone touchée par la pluie verglaçante est projeté » en raison des bouleversements du climat.
« Les tendances s’accentueront au fil du réchauffement planétaire. Le Québec se trouve dans une zone de transition entre une augmentation projetée du verglas au nord et au nord-ouest, et une diminution au sud-est du territoire nord-américain », indique Ouranos.
Froid et vents
Une masse d’air doux a apporté la pluie des dernières heures, qui se transformait en glace au contact du sol gelé. En après-midi lundi, la pluie se déplaçait vers le centre et l’est du Québec, parfois mêlée à de la neige. Plus au nord, en Abitibi-Témiscamingue, une tempête hivernale laissait plusieurs centimètres de neige au sol.
En fin d’après-midi lundi, des averses de neige mêlée de pluie et de forts vents, allant jusqu’à 90 kilomètres-heure, étaient attendus dans la région de Montréal et dans Vaudreuil-Soulanges. Le mercure chutera à -12 °C durant la nuit, ce qui fera geler les surfaces et compliquera les déplacements, selon Environnement Canada.


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