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Dans Les Experts Cinéma cette semaine, Thierry Fiorile et Matteu Maestracci évoquent les films "Trois adieux" d'Isabel Coixet et "La Dernière patiente" de Rémi Bassaler.
Publié le 05/09/2026 09:27 Mis à jour le 05/09/2026 09:49
Temps de lecture : 2min
Alba Rohrwacher dans le film "Trois adieux" d'Isabel Coixet. (GRETA DE LAZZARIS /CATTLEYA /RUVIDO PRODUZIONI /BARTLEBY FILM / VISION DISTIRBUTION)
Isabel Coixet est une réalisatrice qui n'a pas la notoriété de ses homologues masculins, et c'est bien dommage. Avec une vingtaine de films et de documentaires depuis 1989, elle est une pionnière du cinéma espagnol au féminin, et a ouvert la voie à des femmes comme Carla Simon ou Itsaso Arana. Inclassable, elle a tourné en Espagne, en France, aux États-Unis, en Norvège, au Japon et cette fois en Italie.
Isabel Coixet adapte le recueil de nouvelles de Michela Murgia, sorti en 2023 peu de temps avant sa mort. Récit autobiographique où Marta, Alba Rohrwacher, prof de gym taciturne et asociale, est quittée par son compagnon, cuisinier en vogue, avant d'apprendre qu'elle a un cancer à un stade avancé.
Là ou d'autres se seraient vautrés dans le mélo et les clichés, Isabel Coixet filme un récit rude et poétique à la fois, où la perspective de la mort ouvre étonnamment un domaine des possibles vers la beauté des choses simples et de l'instant présent. Pour la réalisatrice le rapport à la nourriture est plus important qu'un réalisme terre à terre : scène sublime de Trois adieux, quand Marta Alba Rohrwacher mange une glace sur une place de Rome.
Trois adieux est un film d'une infinie délicatesse, drôle aussi, malgré le sujet, où la vie est aussi belle qu'absurde. Le casting européen est parfait : l'italien Elio Germano, l'Espagnol Francesco Carril (vu chez Jonas Trueba et dans la série Los años nuevos de Rodrigo Sorogoyen), la française Galatea Bellugi et Alba Rohrwacher en majesté.
Un "petit" film pétri de qualités avec une histoire simple, celle de Judith, médecin depuis 30 ans dans la périphérie de Nancy. Elle doit partir à la retraite mais, que voulez-vous, ce boulot, sa vocation, c'est sa vie, et elle décide d'aider une dernière patiente, Aïda, enceinte de 8 mois et victime d'un conjoint violent. Or cette dernière pousse sa porte ce jour-là, la veille de sa retraite.
Les deux femmes embarquent dans une sorte de thriller social haletant avec, en toile de fond, le sujet finalement très réaliste des déserts médicaux et l'appauvrissement des services publics. C'est aussi une histoire de sororité portée de bout en bout par la toujours épatante Anouk Grinberg, dans le rôle de Judith.
Car finalement qui de mieux qu'Anouk Grinberg pour jouer une femme battante et motivée par sa grande rigueur morale, avec un sale caractère aussi – il ne faut pas l'embêter. On retrouve en sa compagnie, au casting, les jeunes et toujours très bons Luàna Bajrami et Félix Lefebvre.
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