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Par Le Figaro avec AFP
Le 19 mai 2026 à 17h26
Lancée au départ par 600 professionnels, cette tribune dénonçant «l’emprise grandissante de l’extrême droite» dans le 7e art sous l’influence de Vincent Bolloré, compte désormais plus de 1600 signataires, selon le collectif «Zapper Bolloré».
Passer la publicité Passer la publicitéLe gouvernement a tenté de ramener un peu de sérénité dans le monde du cinéma après plusieurs jours d’agitation, jugeant «disproportionnée» la réponse du patron de Canal+ à une tribune de professionnels du secteur visant Vincent Bolloré. Interrogée lors des questions au gouvernement, la ministre de la Culture Catherine Pégard a dit regretter la déclaration de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, sur son souhait de ne plus travailler avec les signataires d’une tribune dénonçant «l’emprise de l’extrême droite» sur le cinéma.
«Au milieu des inquiétudes et des critiques des professionnels, inquiétudes légitimes, je voudrais que la raison et le dialogue puissent l’emporter sur les menaces», a-t-elle ajouté. D’après le collectif Zapper Bolloré, plus d’un millier de professionnels supplémentaires ont signé la tribune depuis la sortie de M. Saada. Elle compte aujourd’hui plus de 2.000 signataires, dont l’acteur Swann Arlaud, l’actrice Juliette Binoche ou encore le réalisateur Jean-Pascal Zadi.
«Nous ne devons pas être les jeux des polémiques»
«Nos industries culturelles ne doivent pas être instrumentalisées à des fins politiques», a souligné la ministre, s’en prenant aussi aux auteurs du texte. «Nous ne devons pas être les jeux des polémiques qui fragilisent nos plus belles réussites en attaquant semaines après semaines ces différents piliers accusés d’être au service d’idéologies politiques».
Canal+, dont l’actionnaire de référence est Vincent Bolloré, est un acteur essentiel du cinéma français. En 2026, le groupe prévoit d’injecter 160 millions d’euros pour la production de films. Il est par ailleurs derrière 49 films sélectionnés à Cannes, dont 13 en compétition (sur 22) cette année. Plus tôt dans la matinée, le président de l’Arcom Martin Ajdari a émis le souhait de voir la situation s’apaiser. «Je pense qu’il y a quand même de nombreux acteurs qui doivent se parler, redescendre un peu après la vivacité des polémiques», a déclaré M. Adjari.
Une «liste noire» de professionnels
«Le cinéma a besoin de Canal+ et Canal+ a besoin du cinéma», a-t-il insisté. Dans le même temps, la Société des réalisateurs et réalisatrices de films (SRF), qui regroupe 500 cinéastes, a proposé une médiation entre les signataires de la tribune et les équipes cinéma de Canal+. La SRF, dont Cédric Klapisch est le vice-président, se dit «solidaire» des professionnels «qui expriment librement leur opinion et leurs inquiétudes légitimes» et affirme «condamner toute mise à l’écart qui en résulterait».
Mais elle admet aussi que Canal+ «a toujours veillé à la liberté et à l’indépendance de la création» et forme le vœu «qu’il en soit encore de même dans les années à venir». Lundi, l’éventualité d’une «liste noire» de professionnels dressée par le premier financeur du cinéma français, a été largement commentée. «Tu ne peux pas avoir peur de perdre ton travail juste parce que tu exprimes une inquiétude collective», a déclaré l’actrice Adèle Exarchopoulos, dont le film «Garance» est en lice pour la Palme d’or.
Alain Attal, producteur de nombreux films dont «L’Amour ouf» ou «Le Chant du Loup», a lui déploré «un formidable gâchis». «Cette réaction à chaud crée une espèce de liste noire et en même temps, on est emmerdé parce qu’on a une formidable maison (Canal+) qui soutient la diversité». Avant la déclaration de Maxime Saada, la tribune publiée mardi dernier, jour de l’ouverture du festival de Cannes, avait rencontré un faible écho, la plupart des professionnels interrogés peinant à déceler une inflexion idéologique chez Canal+.


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