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Les communautés iraniennes de Calgary et d'Edmonton accueillent avec prudence l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran, une trêve qui soulage certains tout en inquiétant d’autres quant à l’avenir immédiat et la stabilité à long terme.
Pour de nombreux Iraniens de Calgary qui ont de la famille dans leur pays d'origine, le cessez-le-feu est d'abord une source de soulagement, même si ce sentiment est rapidement tempéré par une grande prudence.
C’était une bonne nouvelle pour la plupart des Iraniens. Mais nous ne [savons] pas ce qui se passera après, explique Hossein Ghadjari, postdoctorant en physique à l’Université de Calgary, dont la famille réside en Iran.
Comme d’autres, en plus des pertes humaines directes, il redoute surtout les conséquences économiques dévastatrices des bombardements sur les infrastructures.
La situation de l'emploi en Iran n'était pas bonne. Beaucoup d'industries sont endommagées, souligne-t-il, craignant des licenciements massifs et l’effondrement des systèmes de retraite, comme celui dont dépend son père.
Safaneh Mohaghegh Neyshabouri, professeure agrégée en études sur le genre et la sexualité, ainsi qu'en cultures musulmanes, à l'Université de Calgary, partage cette anxiété économique.
Les guerres repoussent toujours la société civile en arrière parce qu'elles détruisent les infrastructures, affirme-t-elle, soulignant que la priorité des populations bombardées est la survie, et non la lutte pour la démocratie.
Une communauté profondément divisée
Les diasporas iraniennes de Calgary et Edmonton sont loin de parler d’une seule voix, reflétant un spectre d’opinions allant du soutien à la République islamique à une opposition farouche.
Armin Zarringhalam, un cinéaste et organisateur de manifestations hebdomadaires à Calgary, incarne cette frange de la diaspora qui milite pour le démantèlement complet et l'effondrement de la République islamique. Il se dit un peu déçu par le cessez-le-feu, car la mission n’est pas encore accomplie, estime-t-il.
Bien qu'il reconnaisse le terrible dilemme moral en voyant les infrastructures de son pays d'origine être bombardées, il considère que la survie du régime actuel, qu'il décrit comme un mal absolu prêt à massacrer sa propre population, représente une menace encore plus terrifiante et invivable à long terme.
Lui et d’autres militants soutiennent le prince héritier Reza Pahlavi comme leader transitionnel, une position qu’ils affirment être majoritaire au sein de la diaspora.
Même son de cloche de Payman Parseyan, militant civique iranien canadien basé à Edmonton. Il voit dans l’intervention américano-israélienne une mission de sauvetage attendue depuis des décennies.
Il évoque la mort de son cousin lors des manifestations de janvier. Sa crainte principale est que les négociations se termineront avec le maintien du régime actuel.
Le scénario le plus effrayant pour nous, c’est une négociation réussie pour maintenir le régime actuel.
À l’inverse, une autre voix s’élève contre l’idée que la guerre puisse apporter la liberté. Jamais les bombes n'ont apporté la liberté à un pays. Sinon, nos pays voisins, l'Irak et l'Afghanistan, devraient être les pays les plus libres du monde, rétorque la professeure Mohaghegh Neyshabouri.
Elle dénonce également une campagne de dénigrement et les menaces dont elle et son partenaire ont fait l'objet pour avoir exprimé publiquement leur opposition à la guerre dans les médias.
Malgré cela, elle refuse de laisser ce groupe dicter le discours public et dominer le débat en prétendant que la guerre et la destruction apporteront la démocratie en Iran.
L’impasse des plans de paix et l’ombre de Trump
L’imprévisibilité des déclarations de Donald Trump, qualifiées de chaotiques par Payman Parseyan, nourrit l’incertitude générale. Armin Zarringhalam, évoque la détresse causée par les gazouillis présidentiels, entre promesses de libération et menaces de destruction.
En tant qu’Iranien, votre source d’information la plus fiable, théoriquement, devrait être le président des États-Unis, mais il est peut-être la source la moins fiable pour vous.
Malgré les divisions, un point commun émerge : la crainte d’une reprise des hostilités et d’une aggravation de la situation.
Hossein Ghadjari craint que l’objectif sous-jacent des frappes ne soit de créer une situation économique plus désastreuse en Iran pour pousser la population à la révolte.
Pour Safaneh Mohaghegh Neyshabouri, la guerre ne fait que renforcer l’extrémisme au pouvoir.


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