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Ça y est. Ce soir au Lion d’Or, Marie Neiges, Dauphins et Olivier Faubert briseront la glace de cette 30e édition des Francouvertes. Avec, assurément, un mélange d’excitation et de nervosité, sentiments vécus par plus de 600 participants depuis la naissance du concours de la relève francophone qui a révélé des dizaines de talents ayant défini notre univers musical — qu’ils aient, ou non, été sacrés gagnants à la fin de l’exercice. Pour souligner l’anniversaire, Le Devoir s’est entretenu avec Ariane Roy, Antoine Corriveau et Nectar Palace, fameux perdants des Francouvertes, prouvant que l’important fut d’y participer.
« Les Francouvertes ont marqué littéralement le début de ma carrière », insiste Ariane Roy qui, en 2020, atteignait la grande finale du concours alors remporté par Valence. Une soirée historique, rappelons-nous : pour la première fois, trois artistes issus de la scène musicale de Québec (Narcisse bouclait le triumvirat) se croisaient en finale. « C’était même la première fois que je jouais à Montréal ! » ajoute la musicienne, qui se produira au MTelus le 21 mars prochain.
« C’est grâce aux Francouvertes que j’ai rencontré mon équipe, dont Catherine Simard de [la boîte de gérance et de production de spectacles] Maison Fauve, qui me voyait pour la première fois là-bas, se rappelle Ariane. C’était la première fois que j’avais une telle vitrine, face à des gens de l’industrie, des pairs, des gens du public qui étaient vraiment là pour écouter. Le festival des premières fois ! »
Antoine Corriveau était de l’édition 2012 des Francouvertes ; il ne s’était même pas hissé en finale de cette édition remportée par Les sœurs Boulay — en compagnie d’Ariane Roy, Stéphanie Boulay joue le rôle de porte-parole de cette édition anniversaire. « Avec les gars de mon band, on suivait les Francouvertes, raconte l’auteur-compositeur-interprète. Il y régnait plus un esprit de communauté que de compétition. D’ailleurs, il y a plein de participants de mon édition que je côtoie encore, certains qui sont devenus des amis. »
L’année précédant sa participation aux Francouvertes, Corriveau avait lancé son premier album, complètement autoproduit, St-Maurice/Logan. « Je me bookais moi-même des concerts, on en donnait pas mal, mais souvent devant pas grand monde… Ce qui était excitant pour nous des Francouvertes, c’est qu’on pouvait vivre enfin ce que c’était que de jouer devant une salle pleine. Ce que j’ai toujours trouvé extraordinaire des Francouvertes, c’est que rapidement, et tôt dans ta carrière, t’as ce que tu ne trouves pas ailleurs, c’est-à-dire un retour immédiat sur ta performance », grâce aux commentaires du public et des critiques des médias qui couvrent le concours. « Ça te permet de te bâtir déjà un dossier de presse. »
Leçons de Francouvertes
« C’était stressant, mais je garde avant tout un souvenir positif de mon expérience, témoigne Ariane Roy. On se sent en sécurité dans tout ça : le concours n’est pas une école en tant que telle, il n’y a pas de formation pour les jeunes artistes, mais l’expérience, faire les préliminaires, ensuite les demi-finales et la finale, c’est beaucoup de travail dans l’apprentissage. Je mettais beaucoup de temps sur la mise en scène, sur la manière de me présenter, même si ce n’est que pour six chansons. Ça m’a permis de m’améliorer. »
Il y a tout juste deux ans, Shaun Pouliot a reçu l’appel de la direction des Francouvertes lui confirmant la candidature de son projet Nectar Palace : « C’était une première tentative pour moi d’écrire de la musique en français. Ça m’a motivé à monter ce projet de manière exhaustive, les chansons, les arrangements, la mise en scène, tout l’univers visuel autour. À mon premier concert, tout ça m’a semblé précipité : j’avais cherché à cocher beaucoup de cases pour correspondre aux critères des Francouvertes. Force est d’admettre que ce premier show fut tel quel : un premier show. Tout compte fait, il aurait pu être pire, mais il y avait clairement des aspects qui auraient pu être retravaillés ».
Allons, Pouliot est un peu sévère avec lui-même — d’autant que son batteur avait dû déclarer forfait en demi-finales. « Pour nuancer, j’ai compris que l’expérience m’a appris à mettre beaucoup de choses en place qui m’ont permis de progresser. C’était une première carte de visite. C’est probablement ce que pensent la plupart des participants aux Francouvertes : on aurait pu faire mieux. Mais surtout, ça m’a appris à mieux me situer en tant qu’artiste, à connaître mes forces et mes faiblesses. » Ça a porté ses fruits : Nectar Palace a lancé fin janvier un minialbum, délicieusement pop, intitulé Automate qu’il défendra le 13 mars sur la scène du Turbo Haus.
Bien qu’Ariane Roy ait traversé les Francouvertes « avec des hauts et des bas », elle n’a pas hésité une seconde à accepter le rôle de porte-parole de la 30e édition. Quel conseil donnerait-elle aux 21 nouveaux concurrents ? « Ne pas voir les Francouvertes comme une finalité, répond-elle. Peu importe comment ça se passe pour eux, ce n’est pas le but, la fin, la conclusion, d’une carrière. Ce n’est pas : ça passe ou ça casse. Il faut tirer toute l’expérience qu’on peut du concours, et évidemment le plus possible dans le plaisir, parce que la musique, c’est important, mais ce n’est pas grave. »


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