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Les compressions sans préavis de 200 millions de dollars imposées par Québec dans le Programme d’aide au développement du transport collectif choquent plusieurs élus de l'Est-du-Québec. Ils craignent un impact direct sur les usagers de ces services.
Dans un communiqué diffusé jeudi, l'Union des municipalités du Québec critique cette décision qui compromet directement la capacité des municipalités et des sociétés de transport à maintenir des services adéquats et à poursuivre le développement de réseaux essentiels pour la mobilité de la population.
Chez Transport Vas-y, qui dessert une grande partie de la MRC de Rivière-du-Loup, la décision de Québec forcera l'organisme à revoir différents services qu'elle offre.
Selon le président du conseil d'administration et maire de Saint-Modeste, Louis-Marie Bastille, son organisme perdra plus de 100 000 $ en subvention.

Le président du conseil d'administration de Transport Vas-y et maire de Saint-Modeste, Louis-Marie-Bastille
Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron
M. Bastille dénonce que la réduction de certains services aura un impact considérable sur certaines personnes plus vulnérables qui n'ont d'autres choix que d'utiliser le transport en commun pour se déplacer pour des rendez-vous.
Ce sont les travailleurs étrangers ou des personnes âgées qui n'ont pas les moyens d'avoir de voitures qui vont être touchés par cette décision!
Jointe au téléphone, la présidente du conseil d'administration de la Société de transport de Rimouski, quant à elle, n'était pas en mesure de chiffrer l'impact de cette décision de Québec sur le budget de son organisme.
Au cours des prochaines semaines, la STR prendra le temps d'analyser l'ensemble du dossier. Une chose est sûre, ce n'est jamais une bonne nouvelle quand Québec coupe dans les montants qui nous sont octroyés, lance Élise Gagnon.
Vers une spirale de dévitalisation complète?
De son côté, le président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Daniel Côté, n'est pas tendre envers le gouvernement du Québec.
Il voit, dans cette décision, un autre exemple du manque d'intérêt du gouvernement envers le développement des régions. Et ce qui choque encore plus Daniel Côté, c'est que les compressions de Québec s'appliquent rétroactivement à l'année 2025. C'est donc dire que les organismes de transports en commun devront trouver des sommes pour boucler leur budget de la dernière année.
Résultat : la fréquence de certains trajets sera revue et d'autres modifications pourraient être apportées au cours des prochains mois.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté et président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Daniel Côté dit aussi craindre que ces changements fassent perdre certains clients à la REGIM, ce qui pourrait avoir un impact sur les finances de l'organisme. Selon la nouvelle méthode de calcul de Québec, une partie du financement des organismes de transport en commun dépendra du nombre d'utilisateurs.
On pourrait donc se voir couper à nouveau nos subventions l'année prochaine parce qu'on a moins de clients. On se retrouverait ainsi dans une spirale de dévitalisation complète.
Certains élus espèrent donc que l'enjeu du transport collectif se retrouve au centre des débats lors de la prochaine campagne électorale provinciale. Questionné sur les raisons qui ont motivé ces compressions, le ministère des Transports et de la Mobilité durable souligne qu'elles font partie des efforts de réduction des dépenses demandés dans le cadre du contexte budgétaire actuel.


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