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Dans le ciel de Moscou, des pigeons ne se contenteraient plus de voler là où les miettes de pain les appellent, ils seraient commandés par des opérateurs humains. C'est en tout cas ce qu'affirme la société Neiry, fleuron de la neurotechnologie russe, proche du Kremlin, qui affirme avoir implanté des puces directement dans le cerveau des volatiles pour en prendre le contrôle.
Équipés de mini-panneaux solaires sur le dos et de caméras haute définition, ces «bio-drones» présentent un avantage majeur sur les drones classiques: avec leur autonomie naturelle de 400 kilomètres, ils n'ont pas besoin de batteries encombrantes et se fondent dans le paysage urbain. Mais derrière la prouesse technique revendiquée se cache une conception du pouvoir et du contrôle de la nature très inquiétante.
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Le projet est soutenu par l'institut d'intelligence artificielle de l'Université d'État de Moscou dont la direction est assurée par Katerina Tikhonova, la fille cadette de Vladimir Poutine. Figure de proue de la tech russe, elle a développé des projets communs avec Neiry, notamment dans le domaine des interfaces neuronales invasives.
Le financement colossal de l'entreprise provient d'ailleurs de fonds créés sur ordre direct du président russe ou par l'entremise d'oligarques comme Vladimir Potanine. Pourquoi un tel investissement pour quelques pigeons? Parce que l'oiseau n'est qu'un prototype pour Neiry, qui entend «programmer» le vivant sans se limiter aux seuls volatiles.
Le spectre de la reprogrammation humaine
Le PDG de Neiry, Alexander Panov, ne s'embarrasse pas de précautions éthiques. Pour lui, le but ultime est l'avènement d'un Homo superior. Ses déclarations, teintées d'un nationalisme belliqueux, sont sans équivoque. Évoquant le conflit en Ukraine, Alexander Panov a suggéré sur ses réseaux sociaux que les populations capturées pourraient être «reprogrammées» par la technologie, affirmant qu'il serait plus économique de modifier les esprits existants que de former de nouveaux citoyens russes.
Nous ne sommes plus ici dans le domaine de la recherche fondamentale, mais dans celui d'un transhumanisme de guerre. Les pigeons, puis les rats, puis les vaches sur lesquels Neiry mène ses tests, ne sont que les étapes menant à la domination neuronale de l'homme par l'homme.
Durant la Guerre froide, la CIA avait déjà tenté de transformer des animaux en espions de haut vol. Le projet «Acoustic Kitty», qui visait à cacher des micros dans des chats, s'était terminé en fiasco tragicomique lorsqu'un taxi avait écrasé le premier cobaye à peine libéré devant l'ambassade soviétique.
Mais en 2026, la précision des interfaces cerveau-machine change la donne. Si la véracité scientifique des succès de Neiry reste à confirmer par des pairs indépendants (ce qui est quasiment impossible en Russie aujourd'hui), la volonté politique de transformer le vivant en arme est tout à fait réelle.





























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