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Le projet de transformation de l’emblématique entrepôt Van Horne en un complexe multi-usage qui comprendrait notamment un hôtel et des ateliers d’artistes est « globalement bien accueilli » par la population, selon l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui soumet à la Ville une liste de recommandations en réponse aux inquiétudes citoyennes subsistantes.
L’avenir de ce bâtiment industriel centenaire du quartier Mile-End a récemment fait l’objet d’un second coup de sonde auprès des citoyens, qui avaient déjà exprimé leur désaccord envers ce projet en 2023, surtout en ce qui concerne le volet hôtelier.
Cependant, l’OCPM estime maintenant qu’en fonction des ajustements apportés à la table à dessin par le promoteur, la société immobilière Rester Management, et par la Ville au projet de règlement municipal, ce projet atteint une certaine acceptabilité sociale.
À la suite de l’analyse des 331 contributions citoyennes reçues et entendues durant la démarche de consultation, la commission considère que le projet est globalement bien accueilli, notamment parce qu’il pourrait permettre de redonner vie à un bâtiment emblématique du secteur.
Rester Management propose donc de transformer l’entrepôt existant en un hôtel de 120 chambres et de consacrer environ un tiers de la superficie locative à des espaces créatifs, par exemple un lieu de diffusion culturelle et des ateliers d’artistes gérés par un OBNL. Le promoteur prévoit aussi construire sur le toit une serre et une verrière qui abriterait un espace de restauration.

Un plan de la configuration du projet de Rester Management.
Photo : Rester Management / Document de présentation
En outre, la démolition d’un garage voisin ferait de la place pour la construction d’un second bâtiment qui abriterait des bureaux. Des commerces occuperaient le rez-de-chaussée du complexe et un stationnement souterrain pourrait accueillir 50 automobiles en plus d’une trentaine de vélos.
Pour sa part, l’emblématique château d'eau sur le toit, un des derniers de la métropole, serait restauré et continuerait d’occuper un emplacement bien en vue à partir des quartiers environnants, selon la société immobilière.

Le château d’eau en acier sur le toit de l'immeuble est un vestige de l’ancien système de sécurité incendie du bâtiment. Il est devenu un repère dans le quartier.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Et pourquoi ne pas avoir proposé d'en faire des logements abordables? Cette question est revenue lors des deux consultations publiques, les citoyens ayant souligné l’urgence d’agir en raison de la crise du logement qui frappe la métropole. Toutefois, après la tragédie de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, il n’est plus possible de construire des habitations aussi près d’une voie ferrée, ce qui n’est pas le cas pour un hôtel ou pour des bureaux.
Feu vert, pourvu que…
En plus de recommander à la Ville d’autoriser ce projet, l’OCPM conseille aux élus de tenir compte d’une dizaine d'aspects qu’il a retenus de ses consultations auprès des citoyens. Voici les observations principales, selon l’Office.
L’Office conseille à la Ville d'adopter un règlement de citation de bien patrimonial pour le 1, avenue Van Horne. Ce statut juridique prévu par la Loi sur le patrimoine culturel encadre les interventions futures tout en donnant accès à de l’aide financière et technique pour conserver le bien et pour le mettre en valeur.
On recommande aussi d'encourager Rester Management à créer une fiducie d'utilité sociale (FUS) avec des partenaires du milieu. Ces fiduciaires, et non l’entreprise privée, seraient appelés à gérer les locaux consacrés aux ateliers d'artistes. Cette structure, estime l’OCPM, contribuerait à garantir la vocation sociale de l’immeuble et l'abordabilité des espaces à long terme.
La Ville devrait aussi soutenir financièrement la création d'ateliers d'artistes et prendre les dispositions nécessaires pour assurer leur réalisation au sein du projet, ajoute l’OCPM.
On suggère aussi à la Ville de signer une entente pour couvrir les éléments proposés par la société immobilière mais qui ne se trouvent pas dans le règlement municipal, qui ne touche que ce qui est essentiel à la réalisation du projet. C’est le cas de l’aménagement et de l’accès à l’espace public sur le toit ainsi que des modalités de performance écoénergétique.
Pas moins de 24 mémoires ont été déposés lors de la consultation de l’OCPM, dont un d’Héritage Montréal. Cet organisme de défense et de promotion du patrimoine avait d’ailleurs placé l’entrepôt Van Horne sur sa liste des dix sites à surveiller en 2014 après qu’un autre promoteur eut présenté, l’année précédente, un projet de transformation qui a finalement été abandonné.
Chronologie de la consultation
- 26 juillet 2022 : une première demande visant à autoriser l’occupation de l’entrepôt Van Horne à des fins d’aménagement de bureaux et d’un hôtel est soumise à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
- Du 30 janvier au 12 février 2023 : l’arrondissement mène une consultation publique afin de recueillir les préoccupations et les opinions de la population. Cette démarche suscite une forte mobilisation : plus de 10 500 personnes y participent.
- Entre-temps, la société immobilière détaille ses actions de concertation auprès de la population dans un rapport remis à l’arrondissement.
- 25 août 2025 : la Ville de Montréal mandate l'OCPM de tenir une consultation publique au sujet du projet de règlement sur la proposition de revitalisation du site de l’entrepôt Van Horne par Rester Management.
Source : OCPM
Deux consultations plutôt qu’une
Après la consultation publique sur l’avenir de l’immeuble au château d’eau commandée à la firme Ad Hoc Recherche par l’arrondissement en 2023, l’OCPM a à son tour été mandaté en 2025, cette fois-ci par la ville centre.
Invité par Radio-Canada à expliquer ce dédoublement administratif, l’OCPM répond que l’arrondissement avait choisi de réaliser sa propre consultation avant que la ville centre ne se prononce, car le bâtiment est un repère important pour le quartier et l'arrondissement, selon le chargé aux communications de l'OCPM, Gabriel Martre-Dufour.
Et comme c'est le cas pour tous les projets d'envergure qui dérogent à la réglementation et tel qu'autorisé par l'article 89 de la Charte de la Ville de Montréal, les élus doivent tenir une consultation publique par un organe indépendant, a rappelé le chargé aux communications. Toutefois, la procédure réalisée en 2023 par l'arrondissement ne peut pas remplacer la démarche obligatoire de la ville centre.
Il s'agit selon nous d'une très bonne pratique en matière d'acceptabilité sociale, et de plus en plus fréquente, d'engager la population sous diverses formes le plus tôt possible et en continu dans le développement d'un projet, a ajouté M. Martre-Dufour.
D’autres exemples de nombreuses consultations ont déjà eu lieu par le passé : les citoyens avaient été invités à se prononcer par le promoteur dans le cas du redéveloppement de l'ancien couvent des franciscains dans l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie. Plusieurs exercices de la sorte ont aussi eu lieu avant que l’OCPM ne lance ses consultations au sujet du site Louvain Est.


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