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ENQUÊTE - Pendant plus de quarante ans à Paris, les deux hommes ont fait des centaines de victimes, sous les yeux d’un entourage branché et complaisant. Alors que la justice rouvre le dossier portant sur l’agent de mannequins français, des victimes et actrices du milieu ont confié au Figaro les abus qu’elles ont subis.
Quand Amélie* se déshabille devant Jeffrey Epstein, dans son repaire de l’avenue Foch à Paris, elle s’exécute parce que le multimillionnaire lui a fait miroiter un contrat avec la marque de lingerie Victoria’s Secret. La jeune femme ne sait rien de ses réseaux, mais cet homme, qu’on lui a dépeint comme un «Américain influent dans le milieu de la mode», ne ment pas tout à fait : il est un intime du patron de l’enseigne de lingerie américaine, Les Wexner, dont il gère la fortune. Un empire que Wexner a bâti grâce à la célèbre image de mannequins filiformes aux épaules surplombées d’ailes d’ange. Ce soir de 2008, à Paris, Amélie défile en sous-vêtements sous l’œil d’Epstein, rassurée par la présence à ses côtés d’une femme élancée, sans doute mannequin elle aussi.
Dans l’appartement, à la fin du prétendu casting, la présence de trois jeunes femmes interpelle Amélie. Une décennie plus tard, devant les policiers français qui enquêtent sur les crimes de Jeffrey Epstein et son rabatteur français, l’agent Jean-Luc Brunel, elle explique que le petit groupe, qui semble habiter chez le financier, insiste alors pour qu’Amélie poursuive la soirée avec eux, selon les conclusions de l’enquête, que Le Figaro a pu consulter. «Jeffrey» va même lui faire un massage, «c’est la tradition», disent-ils à Amélie. Elle deviendra l’une des centaines de prisonnières du New-Yorkais, qui la viole à plusieurs reprises, ce soir-là, sur une table de massage.
La récente déclassification des 3 millions de fichiers Epstein…


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