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Tour de France femmes : qu’est-ce que le lymphœdème vulvaire, qui touche la majorité des cyclistes

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Life 06/08/2026 13:42

Tabou dans le sport, le « syndrome de la vulve de la cycliste » crée des gênes et des douleurs pour celles qui en sont atteintes.

Les conséquences de ce syndrome sont multiples pour les sportives.

NICOLAS TUCAT / AFP

Les conséquences de ce syndrome sont multiples pour les sportives.

EN BREF Le lymphœdème vulvaire touche 80 % des cyclistes féminines, causant gonflements et douleurs à cause d’équipements inadaptés.
Cette pathologie, aussi appelée « syndrome de la vulve de la cycliste », reste taboue et mal prise en charge.
La chirurgie est la seule solution actuelle, la prévention et les équipements adaptés sont encore rares.

C’est le grand tabou du cyclisme pour les femmes. En passant des heures intensives à vélo, les coureuses voient leur corps subir les conséquences d’équipements pensés pour les hommes et inadaptés à leur morphologie, générant des douleurs à long terme. Notamment au niveau du périnée.

« C’est 80 % des cyclistes du peloton qui présentent ce qu’on appelle un lymphœdème vulvaire », expliquait mercredi 5 août à l’antenne de RMC Sport Matthieu Muller, médecin de l’équipe Cofidis également gynécologue.

Aussi appelé « syndrome de la vulve de la cycliste », il se traduit par un gonflement de l’une des grandes lèvres gênant au quotidien, mais aussi pendant les compétitions. « Ça empêche de s’asseoir correctement sur la selle, les cyclistes sont obligées de se déplacer un petit peu », ce qui change leur posture sur le vélo et entraîne « des tendinopathies, essentiellement au niveau du genou », a poursuivi le spécialiste.

Un syndrome aux conséquences multiples

Une étude de 2002 menée par Luc Baeyens, chef du département de gynécologie à l’hôpital universitaire Brugmann, en Belgique, indique que ces gonflements peuvent être dus à des « altérations des trajets lymphatiques », soit une mauvaise circulation de la lymphe. Ce, à cause de « petites infections répétées de la région périnéale » dues à « une position trop penchée sur le guidon, et surtout à une pression trop importante et trop longue de la selle sur les parties génitales ».

Dans la pratique, le gonflement en lui-même n’est « pas douloureux » d’après le Dr Muller. Mais ses conséquences sont multiples pour les sportives. Dans un article de 2025, RMC Sport donnait la parole aux cyclistes françaises Flavie Boulais et Cécilia Clair, elles-mêmes atteintes de cette pathologie. Elles y racontaient un tabou encore très présent : malgré la prévalence de cette maladie, ni l’une ni l’autre n’en avait jamais entendu parler quand elles ont vu leur corps changer. Elles n’ont donc pas su comment faire pour être prises en charge. Cécilia Clair détaillait ainsi : « Quand je m’en suis rendu compte, j’ai commencé par le garder pour moi très longtemps. Même avec mes parents, ce n’était pas possible d’en parler… En fait, j’étais gênée, c’est une chose tellement bizarre. »

Sur le plan de performances sportives, les conséquences sont difficiles à gérer. « On ne pense qu’à ça, on se dit “ah là j’ai mal” et du coup on sort de sa course. Mentalement, c’est très dur d’être à 100 % », ajoutait Flavie Boulais. Les deux sportives confirmaient l’inconfort les obligeant à des ajustements conduisait à l’apparition de nouvelles douleurs. « Vu que c’est unilatéral, on s’assoit un peu de travers sur la selle. Et donc, après, on a mal au dos, on a mal aux genoux, souvent dans les cervicales aussi », soulignait Cecilia Clair. Et puis, il y a les conséquences dans la vie quotidienne : les vêtements et coutures qui frottent sur le gonflement, créant des douleurs, la vie intime, les difficultés à s’asseoir…

Une prévention nécessaire

Pour se soigner, la médecine actuelle ne propose qu’une solution : la chirurgie. Dans un billet de blog sur Lemonde.fr, le médecin et échographe Marc Gozlan rapporte que, d’après une étude d’octobre 2024 du Journal of Lower Genital Tract Disease, l’ablation chirurgicale de la zone gonflée a été efficace pour plusieurs patientes, dont certaines ont pu reprendre le cyclisme.

Quant à la prévention de ce syndrome, elle n’en est encore qu’à ses balbutiements. « Maintenant on sait qu’il faut incliner un peu vers l’avant sa selle. Mais à l’époque, on était positionnées comme des garçons pour être les plus performantes possible », expliquait Cécilia Clair chez RMC Sport. Rares sont les équipementiers qui proposent des cuissards adaptés, mais l’article cite la marque Wilma, qui porte une attention toute particulière aux irritations. Matthieu Muller estime pour sa part qu’encore aujourd’hui, « tout est à revoir ».

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