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La dernière fois qu’Oliver Burkhard, président et chef de direction de TKMS, a pris l’avion pour le Canada, il n’était pas encore certain d’obtenir un contrat de plusieurs milliards de dollars ou de revenir chez lui les mains vides.
L’entreprise allemande, retenue cet été comme soumissionnaire privilégié pour la prochaine flotte de sous-marins de la Marine royale canadienne, n’est pas novice à de tels concours. Elle fournit depuis longtemps des sous-marins d’attaque conventionnels aux membres de l’OTAN.
Lors d’une entrevue lundi à Ottawa, M. Burkhard a cependant dit que la « vitesse lumière » à laquelle le gouvernement avait procédé à l’approvisionnement naval avait fait vivre une « sacrée aventure » à lui et à son entreprise. Ce contrat représente maintenant leur plus gros contrat à vie.
À condition, bien sûr, que les négociations des prochains mois aboutissent en sa faveur.
L’entreprise a appris il y a un an qu’elle devrait affronter son rival sud-coréen Hanwha pour décrocher cet énorme contrat naval canadien dans des délais très serrés.
TKMS a aussi dû naviguer son entrée en bourse, à peine quelques mois plus tard, un événement majeur et complexe à gérer pour toute entreprise qui le traverse.
L’année écoulée a été marquée par des événements décisifs pour M. Burkhard.
« Pour moi, personnellement, cela a vraiment été l’expérience la plus difficile de ma vie professionnelle », a dit M. Burkhard, 54 ans, ancien dirigeant syndical devenu p.-d.g. en 2022.
« Ce que nous avons vu, surtout au Canada […] Je veux dire, huit mois entre l’appel d’offres et la décision. C’est un processus qui dure normalement deux à trois ans. C’était donc très rapide. »
Début des négociations
Le premier ministre Mark Carney a désigné TKMS comme soumissionnaire privilégié du gouvernement le 6 juillet, juste avant de se rendre en urgence au sommet annuel des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie.
M. Carney a affirmé que la course avait été serrée entre le constructeur allemand de sous-marins et son rival sud-coréen Hanwha.
Le Canada prévoit d’acquérir une flotte pouvant compter jusqu’à 12 sous-marins afin de remplacer ses quatre sous-marins vieillissants de classe Victoria, qui seront retirés du service vers 2035.
Lundi, M. Burkhard s’est rendu à Ottawa pour rencontrer des représentants de dizaines d’entreprises partenaires du projet de sous-marins canadiens afin de les informer de la prochaine phase du projet.
Le Canada et TKMS entament des négociations dont la conclusion pourrait prendre entre 6 et 18 mois. L’Allemagne et la Norvège ont toutes deux des sous-marins en attente de livraison par l’entreprise avant les commandes du Canada.
M. Burkhard a précisé que ces discussions se dérouleraient sur différents axes. Cela inclut le contrat de construction des sous-marins lui-même, les retombées industrielles pour l’économie canadienne, les projets d’infrastructures maritimes et l’entretien à long terme des sous-marins.
« Le contrat relatif aux sous-marins pourrait être conclu rapidement, peut-être au cours des six premiers mois, a-t-il dit. D’autres points pourraient prendre un peu plus de temps, car le Canada devra prendre une décision à leur sujet. »
L’organisation de la transition des sous-marins de la classe Victoria et l’élaboration de plans pour l’entretien à long terme des sous-marins 212CD, par exemple, pourraient prendre à peu près un an et demi.
« Nous avons examiné la proposition à la vitesse de la lumière. Maintenant, finissons cela à la même vitesse, jusqu’à la date d’entrée en vigueur du contrat. »
Un échéancier chargé pour TKMS
Selon la proposition de l’entreprise visant à fournir 12 sous-marins, TKMS livrerait le premier 212CD du Canada en 2033, la flotte complète devant être entre les mains du Canada d’ici 2043.
Les dates de livraison du premier lot ont dû être négociées avec les autres gouvernements ayant des commandes en attente.
Les commandes de l’Allemagne et de la Norvège s’achèveront à la fin des années 2030. Après cela, il ne restera plus que cinq ou six sous-marins canadiens en cours de production, a dit M. Burkhard.
L’argument de vente principal pour convaincre le Canada d’acheter ces sous-marins reposait en grande partie sur le fait de disposer des mêmes bateaux que ceux que les alliés de l’OTAN, l’Allemagne et la Norvège, mettront également à l’eau.
Un autre allié de l’OTAN, la Grèce, souhaite également rejoindre ce club.
M. Burkhard a précisé que l’ajout d’un autre pays à ce groupe n’affecterait pas la position du Canada dans le carnet de commandes, et que tous les membres du « club des sous-marins » doivent donner leur accord.
L’échéancier défini dans l’offre de l’entreprise pour le projet de sous-marins canadiens est toutefois ferme.
« Nous avons, disons, renforcé nos capacités pour y parvenir, afin de pouvoir tenir notre promesse, et donc je ne crois pas que ce soit négociable », a-t-il soutenu.
À l’avenir, TKMS examine les moyens de renforcer ses capacités dans un contexte où les pays de l’OTAN cherchent à se réarmer le plus rapidement possible.
M. Burkhard a affirmé lundi que l’entreprise étudiait des moyens d’accélérer les délais de livraison en s’associant à d’autres chantiers navals européens, comme le constructeur espagnol de sous-marins Navantia.
Un porte-parole a précisé par la suite que les 212CD que le Canada s’apprête à acquérir ne feraient pas partie de cette initiative, qui ne concernerait que les projets futurs.
M. Burkhard envisage toutefois d’impliquer davantage d’entreprises issues d’un large éventail de pays dans les chaînes d’approvisionnement de TKMS, comparant la situation à la manière dont Airbus s’est constitué dans les années 1970.
Il s’est dit satisfait, dans l’intervalle, de voir son carnet de commandes bien rempli.
« Il y a encore quelques appels d’offres pour lesquels nous sommes en concurrence, mais désormais, le principal enjeu pour l’avenir est la mise en œuvre. »
Ceci est une version corrigée. Une version précédente laissait entendre que Navantia pourrait contribuer à accélérer le calendrier de livraison des sous-marins du Canada.


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