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L’astronaute appelle les hommes à agir contre les violences faites aux femmes et assure que « ça ne suffit plus d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple ».
EN BREF • Thomas Pesquet appelle les hommes à agir contre les violences faites aux femmes, soulignant que « ça ne suffit plus d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple ».
• Il insiste sur l’importance d’écouter et de croire les femmes victimes de violences.
• L’astronaute encourage à dénoncer blagues sexistes et comportements déplacés.
« Le sujet dont j’aimerais parler aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec l’espace et malheureusement, il a encore moins à voir avec l’humour ». L’astronaute Thomas Pesquet, invité de La Grande Librairie sur France 5 mercredi 27 mai, a profité de la carte blanche qui lui était offerte en fin d’émission pour parler des violences faites aux femmes en s’adressant aux hommes. Dans cette prise de parole de 2 minutes 20, il a appelé à agir pour que « la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre ».
« Les violences faites aux femmes, c’est un problème d’hommes », avance l’ingénieur, qui a séjourné à deux reprises dans l’ISS. « Toutes ont une histoire, ou plusieurs, à raconter. Si autour de vous, messieurs, elles ne vous en ont pas encore parlé, c’est qu’elles ne vous font pas assez confiance, qu’elles craignent votre réaction, et c’est votre faute », abonde-t-il face caméra.
Il explique s’être rendu compte récemment, en parlant aux femmes qui l’entourent, « qu’elles étaient toutes touchées à des degrés divers, du harcèlement dans le cadre du travail, aux insultes à caractère sexuel, en passant par les attouchements non consentis dans les lieux publics, les violences gynécologiques, les abus inacceptables dans un cadre médical, ou les violences sexuelles dans le couple ».
Casser l’ambiance, « c’est un très petit prix à payer »
« Ça ne suffit pas d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple, ça ne suffit plus », assure-t-il. « Qu’est-ce qu’on peut faire, nous, les hommes, pour changer quelque chose ? Il faut d’abord les écouter et les croire. Les femmes ont souvent tout à perdre à parler de ce qu’elles ont subi », avance l’astronaute, qui souligne « les dizaines d’affaires sordides qui agitent l’actualité française et internationale ».
Pour « créer les conditions de leur sécurité dans le milieu public, au travail », celui qui est aussi pilote de ligne préconise « évidemment » d’« éduqu(er) nos fils » mais évoque aussi des « micro-actes de tous les jours » : « en n’acceptant pas les blagues sexistes dans le métro, en n’étant pas silencieux dans un groupe d’hommes, quand un des membres dépasse les limites, même un ami, même un supérieur », détaille-t-il.
Thomas Pesquet rappelle que ce n’est pas parce qu’on « n’a rien dit soi-même qu’on n’a pas créé de l’insécurité ». Et si un homme craint de « casser l’ambiance » en dénonçant ces mots déplacés ou agressions, l’astronaute assure que « c’est un très petit prix à payer, et juste le début d’un commencement, pour que la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre ».


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