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Thélyson Orélien sort enfin du silence

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« On dit que C’était ça ou mourir a été rédigé par une intelligence artificielle. C’est une calomnie et une hérésie », a déclaré Thélyson Orélien dans un texte publié par le biais de Boréal, son éditeur. « Aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine, pas plus que le sens ou l’ordonnance d’un récit qui vient de mes tripes », déclare-t-il. Il admet dans la foulée avoir plagié par le passé. L’auteur demande qu’on juge le roman et le plagiat de manières distinctes.

« J’ai commencé à écrire C’était ça ou mourir à l’automne 2017, sur un coin de table à Laval. J’ai terminé un premier jet de ce texte en 2019, plus de 300 pages, au moment où j’apprenais la mort de ma mère, un mercredi de Pâques », écrit M. Orélien.

« J’ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches, s’agissant notamment des idiomes étrangers », explique-t-il. « Je ne veux pas effacer mon passé ni prétendre être un homme sans fautes. Mais ce roman, je l’ai écrit moi-même. Il vient de mes blessures et de celles des autres migrants. Cette blessure de l’exil dont on ne guérit pas. »

« Ce roman en est le fruit, c’est le fruit de mon travail, c’est ma création », affirme-t-il.

Des « excuses sans réserve »

Thélyson Orélien raconte ensuite sa fascination, quand il était jeune, pour de nombreux écrivains, à partir de 2010, alors qu’il est « sans doute un peu trop pressé ».

« Je voulais écrire, je lisais beaucoup. […] Depestre, Glissant, Césaire, Chamoiseau, Alexis, Char, Péguy, Hemingway, Márquez, Dostoïevski, etc. J’admirais des rythmes, des manières de raconter des phrases qui restaient dans ma tête pendant des jours. Le matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier, m’a par exemple renversé. »

De larges pans de ce texte ont été retrouvés dans Où va le monde, une nouvelle qui a valu à Thélyson Orélien le Prix du public de Radio-Canada en 2014.

« Admirer n’autorise pas à prendre, à m’attribuer des textes qui ne sont pas les miens. J’ai commis des erreurs inacceptables, malgré la jeunesse et l’inexpérience. Je le regrette profondément et présente mes excuses sans réserve », poursuit M. Orélien.

Juger C’était ça ou mourir

L’auteur demande, en conclusion, qu’on juge C’était ça ou mourir comme un objet en soi.

« Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu’on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026. »

« Je n’ai pas écrit ce livre pour gagner des prix ou devenir célèbre. Je n’ai rien à prouver aux gens qui m’accusent. J’espère simplement qu’on lira l’histoire de Jonas Dorléon pour ce qu’elle raconte, qu’elle permettra à ses lecteurs d’ouvrir leurs yeux et leur cœur sur le monde, sur ceux qui le peuplent. Quelle que soit leur origine. »

Le roman est encore en lice pour les prix Renaudot et Médicis en France. Le Médicis dévoilera sa deuxième sélection jeudi le 15 octobre.

À la fin de la semaine dernière, C’était ça ou mourir, dans son édition chez Grasset, avait gagné une marche dans le palmarès des ventes en France, portant le nombre de livres vendus à 73 683 exemplaires en sept semaines.

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