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Professeur à l’Université d’Ankara, Ali rend régulièrement visite à sa mère malade. Or, à l’annonce du décès de cette dernière, Ali est convaincu qu’il s’agit d’un meurtre, et non d’un accident, et que son père est le coupable. Prenant ses distances d’avec sa conjointe en quittant la ville, Ali s’isole à la campagne, où il se lie d’amitié avec Reza, un jardinier. Ensemble, les deux hommes fomentent l’assassinat du père d’Ali. Après quoi, les choses prennent une tournure pour le moins… insolite. Avec The Things You Kill (Des choses à tuer), Alireza Khatami explore le thème de la violence transmise à travers un récit aux accents lynchéens.
Sur ce plan, il serait dommage de divulgâcher quoi que ce soit. On se bornera donc à indiquer que le film s’inscrit dans la lignée de Lost Highway (Route perdue) et de Mulholland Drive, au détour d’un développement relativement précoce.
Primé au Festival de Sundance et candidat du Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international, The Things You Kill repose sur un scénario fort ingénieusement construit (en entrevue au Devoir, le cinéaste irano-canadien évoquait une part d’autofiction).
À titre d’exemple, le film s’ouvre sur une intrigante scène nocturne lors de laquelle Hazar, l’épouse d’Ali, lui raconte son rêve. Rêve dans lequel apparaît Hamit, le père d’Ali.
À la fin, on assiste en quelque sorte à une matérialisation de ce songe. L’effet de symétrie narrative est remarquable.
Savamment construit
Entre ce prologue et cet épilogue, Alireza Khatami révèle différents pans de la personnalité, ou plutôt de l’identité, du protagoniste. Rien ne relève du hasard, chaque détail est signifiant.
Ici, une allusion à la violence du grand-père vient faire écho à celle du père et, en filigrane, à celle qu’Ali tente de ne pas reproduire. Là, une anecdote remontant à l’enfance laisse entendre qu’Ali a peut-être « rencontré » Reza des années auparavant.
La mise en scène s’avère tout aussi réfléchie. Ali est filmé par une caméra stable, aux mouvements mesurés, tandis que Reza est à l’inverse capté par un appareil nerveux, aux élans imprévisibles. Tout cela, pour une excellente raison, là encore, que l’on taira.
Il en résulte un film qui hante la mémoire. Comme un trop réaliste cauchemar.


3 month_ago
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