Onze Français sont détenus en Thaïlande depuis le début de l'été après avoir été arrêtés dans un aéroport avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:26 | mis à jour aujourd'hui à 18:03 - Temps de lecture :

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Ont-ils été piégés ? Onze jeunes Français sont détenus depuis le début de l'été en Thaïlande après avoir été arrêtés dans un aéroport avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages, a indiqué ce mardi une source policière, confirmant une information de RTL. Selon les témoignages recueillis par Libération de proches de certains de ces jeunes, ils ont répondu sur le réseau social Snapchat à un « plan Thaïlande » : leur séjour dans ce pays d'Asie du Sud-Est était intégralement payé et en contrepartie, ils devaient rapporter dans une valise remise par une tierce personne des soi-disant téléphones portables.

La proposition émanait d'un gérant d'une société d'achat-vente de smartphones et, selon leurs proches, les Français ignoraient le contenu réel des valises, d'après Libération qui a recensé au moins cinq jeunes âgés de 18 à 26 ans arrêtés dans un aéroport en Thaïlande mais aussi à Hong Kong. « La situation de nos compatriotes est suivie avec attention par les services compétents du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à Paris, qui sont en contact avec leurs familles », a précisé une source diplomatique.

« Il s'est fait avoir »

Selon sa belle-soeur Amira (*), Elias, un aide-déménageur de 20 ans vivant à Amiens (Somme), a été arrêté alors qu'il « devait repartir de Thaïlande le 14 juillet pour Hong Kong, puis Londres, puis Paris », avec un autre Français prénommé Ibrahim. Dans leur « valise, cadenassée », dont ils « n'ont pas le code », ils ont découvert avec les douaniers « 16,8 kilos de cannabis ». « Ils sont restés choqués, ils ne s'y attendaient pas du tout », affirme Amira. Elias « a été contacté via Snapchat par une personne qui lui a envoyé des flyers plan Thaïlande » assurant que « c'est 100 % légal, encadré, que c'est pour des téléphones, que c'est une durée d'une semaine, qu'il y a une rémunération. Tout est frais payés, billets, hébergement sur place, relate-t-elle. Donc, il a pris la chose au sérieux ». « Il a été victime d'un plan Thaïlande. Il s'est fait avoir dans un piège », ajoute-t-elle.

« Nous avons des investigations en cours sur ce phénomène dont nous avons effectivement connaissance », a indiqué le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco). « Notre objectif est d'identifier les commanditaires et les réseaux potentiels, de comprendre les modalités des passages: comment ces jeunes sont recrutés, pris en charge, s'il y a d'autres personnes qui interviennent », explique-t-on au Pnaco. « Ces personnes étaient-elles de bonne foi quand elles sont parties ainsi tous frais payés en Thaïlande ? », questionne une source judiciaire. « La justice - y compris des pays des lieux d'interpellation - devra également permettre de faire la lumière sur la connaissance qu'ils avaient (d'être impliqués potentiellement dans un trafic) avant le passage à l'acte », souligne-t-elle. La source diplomatique précise que « la prévention et la lutte contre le recrutement des plus jeunes par les narcotrafiquants, notamment via les réseaux sociaux, est une priorité pour la France ». 

« Les groupes criminels ciblent de manière croissante les jeunes, certains en situation de vulnérabilité, afin qu'ils participent à leurs activités criminelles - notamment afin qu'ils transportent une valise dont le contenu est inconnu ou sciemment mal renseigné, et comporte en réalité une quantité importante de drogues », développe-t-elle. Ces dernières années, « le trafic de cannabis depuis la Thaïlande vers la France a connu une inquiétante croissance », notamment depuis la dépénalisation du cannabis dans ce pays en 2022, d'après la source diplomatique. Selon les « conseils aux voyageurs » diffusés par le Quai d'Orsay, l'exportation de cannabis depuis la Thaïlande fait encourir de deux à dix ans de prison.

(*) Le prénom a été modifié.

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