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«Terres volées» et maison multimilionaire à L-A ; la nation Tongva répond a Billie Eilish

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Les grandes cérémonies culturelles servent de plus en plus de tribunes politiques. Les artistes y dénoncent, souvent avec aplomb, les politiques gouvernementales, les frontières, l’immigration ou encore l’héritage colonial de l’Occident. Mais ces slogans, aussi percutants soient-ils, résistent parfois mal à l’épreuve des faits. La controverse déclenchée par Billie Eilish lors des Grammy Awards 2026 en offre une illustration presque caricaturale.

Selon Lindsay Kornick et Alexis McAdams, qui rapportent les faits pour Fox News dans un article publié le 3 février 2026, la chanteuse s’est attiré des critiques après avoir utilisé son discours de remerciement pour attaquer frontalement l’ICE et la politique migratoire américaine, tout en invoquant la notion de « terres volées ».

Un discours militant sur la scène des Grammy Awards

En recevant le prix de la Song of the Year, Billie Eilish, 24 ans, a déclaré : « No one is illegal on stolen land », arborant au passage un macaron « ICE OUT ». Elle a ajouté se sentir « pleine d’espoir » et appelée à continuer de « se battre, parler et protester », affirmant que les voix des artistes et du public « comptent vraiment ».

La chanteuse est même allée plus loin, concluant son intervention par une insulte explicite envers l’agence fédérale chargée de l’immigration : « And f— ICE, that’s all I’m gonna say ». Une sortie applaudie dans certains milieux militants, mais qui a aussitôt suscité un malaise plus large, y compris chez ceux qu’elle prétendait défendre symboliquement.

Une accusation retournée contre elle

Comme le rapportent Kornick et McAdams pour Fox News, plusieurs commentateurs ont rapidement souligné une contradiction flagrante : Billie Eilish est elle-même propriétaire d’une résidence multimillionnaire à Los Angeles, construite sur un territoire historiquement habité par le peuple autochtone Tongva.

Cette remarque n’est pas restée au stade de la polémique sur les réseaux sociaux. La nation Gabrielino-Tongva dont le territoire ancestral couvre le bassin de Los Angeles, a réagi officiellement à la déclaration de la chanteuse.

La réponse mesurée du peuple Tongva

Dans une déclaration transmise à Fox News Digital, le peuple Tongva confirme que la propriété de Billie Eilish est bel et bien située sur son territoire ancestral. Les représentants précisent toutefois que la chanteuse n’a jamais communiqué directement avec la nation autochtone au sujet de cette propriété.

« Nous apprécions l’occasion de clarifier les récents commentaires faits par Billie Eilish », indique le communiqué cité par Fox News. « En tant que premiers peuples du bassin de Los Angeles, nous comprenons que sa maison est située sur nos terres ancestrales. Billie Eilish n’a pas contacté directement notre tribu concernant sa propriété, mais nous reconnaissons la valeur des moments où des figures publiques donnent de la visibilité à l’histoire réelle de ce pays. »

La déclaration, loin d’un ton accusatoire, se veut conciliatrice. Les représentants Tongva affirment même avoir communiqué avec l’équipe de la chanteuse pour lui exprimer leur reconnaissance. Ils souhaitent cependant que, lors de futures prises de parole, la nation Gabrieleno Tongva soit explicitement mentionnée afin que le public comprenne que le bassin de Los Angeles demeure un territoire autochtone identifié et non une abstraction militante.

Le malaise des slogans politiques simplistes

Ce que met en lumière cette affaire, telle que rapportée par Kornick et McAdams pour Fox News, ce n’est pas seulement une contradiction personnelle, mais une tension plus large entre slogans politiques et réalités historiques. En invoquant la notion de « terres volées » sans référence précise, Billie Eilish s’inscrit dans un discours militant globalisé qui gomme souvent la complexité juridique, historique et humaine des revendications autochtones réelles.

Ironiquement, ce sont justement les représentants autochtones eux-mêmes qui rappellent ici l’importance de la précision, de la reconnaissance concrète et du dialogue, plutôt que de la posture morale performative.

Une scène culturelle de plus en plus politisée

Billie Eilish n’était pas la seule artiste à politiser la cérémonie. Toujours selon Fox News, le chanteur Bad Bunny a lui aussi profité de son passage sur scène pour dénoncer l’ICE, déclarant : « We’re not savage, we’re not animals, we’re not aliens — we are humans, and we are Americans. »

Ces prises de position illustrent une tendance lourde : les galas culturels deviennent des tribunes idéologiques où les frontières, l’immigration et l’histoire coloniale sont invoquées sous forme de slogans, souvent sans égard aux contradictions qu’ils révèlent chez ceux qui les prononcent.

Dans le cas de Billie Eilish, la réaction du peuple Tongva agit presque comme un rappel à l’ordre silencieux : parler de terres volées implique aussi d’assumer ce que cela signifie concrètement — y compris lorsqu’on en bénéficie soi-même.

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