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Le gouvernement de la Saskatchewan a dévoilé, lundi, un nouveau plan de santé pour permettre à plus d’habitants d’avoir accès aux soins primaires. Des experts sont cependant sceptiques par rapport aux objectifs fixés par le gouvernement. Selon eux, le fait que la province ait recours aux cliniques privées pour réduire le temps d’attente pour les chirurgies est problématique.
Dans le plan provincial Patients First Health Care Plan (nouvelle fenêtre) (en anglais seulement), le gouvernement provincial a énuméré 50 actions concrètes qui seront mises de l’avant pour assurer une offre de services efficaces aux Saskatchewanais.
Le premier ministre provincial, Scott Moe, veut que les patients aient accès à de bons soins, au bon endroit et au bon moment.
Les cibles à atteindre par le gouvernement provincial d'ici 2028 :
- Tous les habitants de la Saskatchewan devront avoir accès à un dispensateur de soins primaires
- Une analyse diagnostique sera fournie dans un délai de 60 jours à 90 % des patients qui reçoivent une recommandation médicale.
- 90 % des patients seront sur une liste d'attente de chirurgie qui a une durée de 3 mois.
- Compléter 450 000 chirurgies au cours d'une période de quatre ans..
Scott Moe a indiqué que, pour atteindre ces objectifs, son gouvernement paiera des cliniques privées à partir des fonds publics pour effectuer des chirurgies. À l'heure actuelle, les cliniques privées effectuent des chirurgies sur les articulations, les yeux et le système vasculaire.
Dennis Kendel, consultant en politique de santé et ancien médecin de famille, est d’avis que le gouvernement ne va pas dans la bonne direction. Il estime que les cliniques privées sont à la base des entreprises qui cherchent à faire du profit.
Ce n’est pas une bonne idée, dit-il. Chaque clinique privée a ses propres objectifs et cherche à générer un revenu selon ses moyens chirurgicaux.
Dennis Kendel croit que le ministère de la Santé a besoin de faire une analyse de son système pour évaluer les chirurgies prioritaires, et rendre cette analyse publique.
Selon lui, sans l’établissement de ces priorités et sans approche intégrée quant à l’usage des cliniques privées, tout le monde adoptera une mentalité chacun pour soi.
Nous avons besoin d’une approche beaucoup plus compréhensive et structurée, et non de ces cliniques qui nous disent : ‘'Nous pouvons réaliser 50 chirurgies de la vésicule biliaire ce mois-ci'', dit Dennis Kendel.
Il affirme que la stratégie du gouvernement provincial n’est pas cohérente avec l’intérêt général du public et que la province n’utilise pas l’argent des contribuables à bon escient.
Dans un communiqué, le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les travailleurs de la santé de la Saskatchewan, a exprimé ses inquiétudes par rapport au nouveau plan mis en place par la province. Il estime que ce plan est une manœuvre de privatisation défaillante de la part du gouvernement provincial et que ce dernier n’a pas appris de ses erreurs du passé.
Steven Lewis, un analyste des politiques de santé, rappelle que la province n’a pas atteint les objectifs fixés dans son dernier plan d’amélioration pour les soins de santé.
Certains patients n’ont pas à attendre pour avoir une chirurgie, alors que d'autres attendent pendant très longtemps, souligne-t-il. Il s’agit d’un problème de gestion.
Le ministre de la Santé, Jeremy Cockrill, a, pour sa part, expliqué que les Saskatchewanais auront plus d'accès aux soins virtuels.
Je pense que l’ajout des soins virtuels va aider les patients à mieux accéder à des soins primaires. Cette approche nous permettra de faire progrés à court terme et sur le long terme, dit le ministre.
Avec les informations de Laura Sciarpelletti


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