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Série : Des vacances en mode économies [4/4] - Partir avec sa bande de copains permet souvent de réduire les coûts des vacances, mais une fois sur place, les dépenses peuvent vite devenir une source de tensions et aller jusqu’à briser des amitiés. Témoignages.
Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:10 | mis à jour aujourd'hui à 10:21 - Temps de lecture :
Les vacances entre copains sont censées rapprocher et réduire les coûts. Pourtant, lorsqu’il s’agit de mettre la main au portefeuille, les désaccords peuvent rapidement s’inviter dans les bagages. Pour certains, les tensions apparaissent dès les courses. Faut-il tout mettre en commun ou distinguer les achats de chacun ?
Pauline, 29 ans, garde encore de mauvais souvenirs des comptes après le passage en caisse. Partie 10 jours en Croatie avec sept amis, elle pensait que les dépenses seraient réparties équitablement. « Nous avions dès le départ dit que nous partagerions les frais, nous le faisons à chaque fois pour les vacances. Sauf qu’au fil des jours, certains remplissaient le chariot de bouteilles d’alcool et de produits hors de prix, voulaient faire des barbecues tous les soirs. Moi, je bois très peu et je fais attention à mon budget », raconte-t-elle. Alors, au moment de faire les comptes, Pauline se retrouve avec près de 180 euros de courses à rembourser, alors qu’elle n’avait pas consommé beaucoup. « Quand j’ai demandé qu’on distingue les dépenses, on m’a répondu que j’étais radine. L’ambiance est devenue glaciale jusqu’à la fin des vacances. Aujourd’hui encore, je refuse de repartir avec ce groupe », lâche-t-elle.
Ces tensions autour du budget révèlent aussi des différences de pouvoir d’achat que les amis n’avaient parfois jamais abordées. Et une fois sur place, chacun découvre que le budget et les envies de chacun ne sont pas toujours les mêmes. C’est la situation dans laquelle s’est retrouvé Mehdi, 27 ans, pendant un séjour au Portugal avec ses amis du lycée. « On était tous rentrés dans la vie active, je pensais qu’on avait tous le même mode de vie. Pourtant, j’ai découvert qu’ils étaient prêts à dépenser 100 euros par personne dans un restaurant ou 400 euros pour louer un bateau une demi-journée. Moi, je n’avais pas ce budget. Je me suis senti gêné de dire non à chaque fois. Finalement, je suis rentré avec le sentiment d’avoir passé une semaine à compter mes euros plutôt qu’à profiter », regrette-t-il.
La question de l’argent est aussi source de conflits et de tensions dans le groupe d’amis de Tim, 29 ans. Il part tous les étés avec sa bande de copains dans le sud de la France. « Le budget est une question centrale pour notre organisation, déjà pour s’assurer que tout le monde s’y retrouve et parce que nous n’avons pas tous les mêmes moyens. Mais c’est une question qui crée pas mal de tension chaque année dans notre groupe, parce que nous n’avons pas tous le même rapport à l’argent », précise-t-il.
À un euro près
La bande essaie de se tenir à un montant d’environ 500 euros par personne pour une semaine, plus les dépenses personnelles. Première difficulté : trouver un volontaire en capacité d’avancer la somme pour la location de la maison. « Et puis après, il y a ceux qui sont au centime près. Par exemple, l’un de nos amis est très difficile niveau nourriture et négocie toujours pour qu’on lui enlève ce qu’il ne consomme pas dans les courses. On en vient à calculer les notes à l’euro près au moment de faire les comptes. Ces comportements finissent par tendre tout le groupe et mettre une mauvaise ambiance de fin de séjour », déplore-t-il. Et puis, il y a les remboursements et ceux qui traînent des pieds pour éponger leurs dettes. « Au final, même si l’on passe de bonnes vacances, on sait que cette question va amener des conflits et on hésite même à ne plus inclure certaines personnes… C’est vraiment pesant », avoue-t-il.
Camille, 34 ans, garde un souvenir un peu amer de ses vacances entre amis dans le sud de la France. « Comme j’étais la seule à avoir une carte bancaire sans plafond et avec une assurance, j’ai réservé l’Airbnb, qui était quand même à 2 400 euros, ainsi que la voiture de location. Tout le monde devait me rembourser au retour. Un ami a mis plus de trois mois à me rendre sa part et un autre m’a demandé un échéancier. Ça m’a mise dans le rouge sur mon compte, alors que je comptais sur eux et que c’était pour le collectif. Depuis, je refuse d’avancer le moindre euro. » Budget maximal, répartition des courses, activités ou avance des frais… Parler d’argent une fois les valises bouclées amène son lot de surprises et de désaccords, même lorsque l’on pensait bien se connaître.


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