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TEMOIGNAGES. "Nous n'avons pas peur de mourir si cela signifie la liberté de l'Iran" : ces habitants de Téhéran racontent leur quotidien entre bombardements et confinement

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Publié le 05/03/2026 09:05 Mis à jour le 06/03/2026 08:43

Temps de lecture : 3min

Un homme passe devant un drapeau iranien flottant au-dessus de l'épave d'une voiture dans le centre de Téhéran, le 4 mars 2026. (AFP) Un homme passe devant un drapeau iranien flottant au-dessus de l'épave d'une voiture dans le centre de Téhéran, le 4 mars 2026. (AFP)

franceinfo a pu recueillir les témoignages d'Iraniens qui dévoilent un quotidien rempli de dangers, entre patrouilles militaires dans les rues et bombardements dans les airs.

Une vie quotidienne rythmée par les bombardements. Plusieurs explosions ont frappé Téhéran et sa périphérie ouest, jeudi 5 mars, ont rapporté les médias locaux, après l'annonce par Israël de nouvelles frappes au sixième jour d'une guerre qui s'est étendue à l'ensemble du Moyen-Orient avec des représailles de l'Iran. L'armée israélienne avait annoncé un peu plus tôt avoir lancé "une vague d'attaques à grande échelle contre les infrastructures du régime terroriste iranien à travers Téhéran".

Les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé 2 000 cibles en Iran depuis samedi, secouant les vies quotidiennes des habitants du pays. Leurs conditions de vie sont inconnues, ou presque : le pays est sous le coup d'un blocus internet quasi total. franceinfo a pourtant pu récolter des témoignages au compte-goutte qui donnent un aperçu du quotidien.

Ces messages que nous avons reçus décrivent un Téhéran qui s'est vidé, où ceux qui restent sont confinés chez eux et où les explosions, régulières, font vibrer les fenêtres des immeubles. "Sortir de chez soi, nous dit un habitant de Téhéran, ça veut dire scruter le ciel, faire de longs détours pour éviter les cibles des raids, c'est-à-dire les commissariats ou les installations militaires". Cet homme se dit "très stressé" dès qu'il prend le volant.

Il nous décrit aussi la joie qu'il a entendue, samedi 28 février, après la mort d'Ali Khamenei et qui a laissé place à de nombreuses patrouilles de militaires sur les artères principales. Une autre habitante nous écrit la peur d'envoyer son fils à l'école, car la nuit, le bâtiment sert désormais de dortoir aux forces paramilitaires Basij.

Un panache de fumée s'élève après une frappe sur la capitale iranienne, Téhéran, le 5 mars 2026. (ATTA KENARE / AFP) Un panache de fumée s'élève après une frappe sur la capitale iranienne, Téhéran, le 5 mars 2026. (ATTA KENARE / AFP)

Face au danger, le sentiment est confus : deux hommes nous disent qu'ils ont confiance en la précision des frappes et qu'ils les soutiennent. Ali, un trentenaire de l'est de Téhéran, se dit, lui, partagé. "Nous sommes sous pression, mais nous gardons espoir en l'avenir. Nous attendons la fin de cette guerre pour parvenir à une situation stable, à un Iran libre. Nombre d'Iraniens, moi y compris, n'aurions pas peur de mourir dans ce contexte si notre mort signifiait la liberté de l'Iran et une vie meilleure pour les générations futures".

Quant à la vie économique de la capitale, les témoignages évoquent des prix en hausse et certaines entreprises ou magasins qui ont baissé le rideau. Bien loin de l'effervescence qui règne habituellement dans le pays à cette période, à deux semaines de Norouz, le Nouvel An perse.

Ces Iraniens qui nous écrivent prennent de gros risques : dans leur pays, parler à un média occidental est considéré comme un crime. Ces témoignages sont donc rares pour des raisons de sécurité, mais aussi pour des raisons techniques. Le réseau ne fonctionne qu'à 1% de sa capacité, impossible ou presque donc, d'envoyer des photos, des vocaux... Cette coupure touche également le réseau mobile. La plupart des Iraniens en France n'ont pas de nouvelles de leur famille depuis samedi.

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