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Un appel à manifester ce samedi, notamment « contre la vie chère », a été lancé sur les réseaux sociaux et par les syndicats. Après plusieurs semaines de mobilisation de la jeunesse, le gouvernement craint une convergence des luttes, motivée par la baisse du pouvoir d’achat et la hausse des prix des carburants… jusqu’à un possible retour des gilets jaunes.
Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 17:45 | mis à jour aujourd'hui à 17:49 - Temps de lecture :
La « convergence des luttes » va-t-elle avoir lieu ce week-end ? Après plusieurs semaines de mobilisation des lycéens et des étudiants, un grand appel à manifester a été lancé pour ce samedi 17 octobre. Lycéens, syndicats, agriculteurs, soignants, retraités, étudiants sont appelés à descendre dans la rue pour protester contre le coût de la vie, alors que les prix des carburants atteignent des records et que le pouvoir d’achat diminue.
Sur les réseaux sociaux, certains appels à manifester nourrissent même l’hypothèse d’un retour des gilets jaunes à cette occasion. Le gouvernement s’attend à une mobilisation « assez importante ». Une cellule interministérielle de crise a été convoquée à Matignon. Les lecteurs qui ont répondu à notre appel à témoignages apparaissent, eux, plus divisés sur le sujet.
« Le temps du réveil a sonné »
Mathias ira manifester en famille, avec une lycéenne, ce samedi. « L’exécutif n’a pas encore pleinement pris la mesure du niveau de colère sociale accumulée depuis des années. Le pays est de plus en plus délabré et les travailleurs se sentent justement déclassés, alors qu’en même temps le CAC40 distribue des dividendes à tout va », explique ce Strasbourgeois de 52 ans, qui juge que « le temps du réveil a sonné ». Béatrice, 64 ans, sera elle aussi dans la rue ce samedi. « Je vais manifester en soutien aux lycéens car leurs revendications sont justes et saines, pour un plus juste partage des richesses, pour que la devise “liberté, égalité, fraternité” ne soit pas que des mots vides de sens, en soutien à une agriculture qui n’empoisonne pas et qui soit accessible à chacun », écrit-elle depuis Vienne (Isère).
Yannick, 52 ans, évoque son « ras-le-bol que tout le monde doive se serrer la ceinture, les classes moyennes et modestes, ainsi que tous les services publics comme l’éducation, la santé, la justice… pendant que les très riches et dirigeants de multinationales engrangent des milliards ! ». Cet habitant de Voiron (Isère) se dit « très inquiet pour l’avenir » de ses enfants et s’inquiète de l’arrivée du Rassemblement national aux portes du pouvoir. Ce samedi, il manifestera pour qu’Emmanuel Macron entende sa colère « et le monde entier aussi ! » Carole, 63 ans, ira, elle, manifester à Grenoble avec son mari « en solidarité avec les lycéens, étudiants, enseignants, pompiers, personnels soignants, agriculteurs, auxiliaires de vie et aides-ménagères, bref tous ceux qui souffrent de cette politique désastreuse, du manque d’effectifs, de moyens, du prix du carburant, de la vie chère ».
« Le bulletin de vote sera plus efficace »
« Il reste un sentiment d’inachevé avec les gilets jaunes, le coût de la vie, l’essence, les revendications étudiantes, toutes les conditions sont réunies pour un embrasement », estime Mathieu, de Scy-Chazelles (Moselle). Âgé de 49 ans, en arrêt de travail, il ne pourra pas participer à la mobilisation samedi mais adresse son « courage à tous les participants ». René ne sera pas non plus dans la rue car à 81 ans, « ma santé et mes jambes ne me le permettent plus », explique-t-il. Mais ce participant à Mai-68 « comprend la désespérance de la jeunesse d’aujourd’hui » et déplore que « tous les services [publics, ndlr] de la France s[oient] dans un état pitoyable ». « Mon épouse doit attendre 14 mois pour avoir un rendez-vous chez le cardiologue, mon petit-fils est dans un collège surchargé et vétuste… », liste notamment René, qui encourage les manifestants à « le faire, dans le calme bien sûr ! »
De son côté, Colette, 77 ans, ne « voit pas l’utilité de marcher dans la rue ». « Cette démarche me semble bien inutile. À l’heure actuelle tout le monde est impacté par la situation », écrit cette habitante de Fontaine-lès-Luxeuil (Haute-Saône). Marc, 60 ans, qui habite à Tain-l’Hermitage (Drôme) n’ira pas non plus manifester « du fait de la violence et de la récupération politique ». « Ce type de manifestation ne devrait pas avoir de couleur politique », regrette également Arthur, 28 ans, de Montélimar (Drôme), qui n’ira donc pas manifester. Pierre, 80 ans, habitant de La-Chapelle-aux-Bois (Vosges) ne sera pas non plus dans les cortèges samedi. Selon lui, « il n’y a rien à attendre de ce gouvernement en sursis. Le bulletin de vote sera plus efficace ».


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