Série : Vivre avec sa calvitie [1/3] - Perdre ses cheveux est une expérience commune à de nombreux hommes. Pourtant, la calvitie reste souvent associée à des complexes. Vincent a commencé à perdre ses cheveux à 17 ans. Il raconte.

Ulla Majoube - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :

Selon un sondage, 13 % des Français déclarent être atteints de calvitie. Photo d'illustration Sipa/Michel Gile Selon un sondage, 13 % des Français déclarent être atteints de calvitie. Photo d'illustration Sipa/Michel Gile

L'adolescence est toujours un moment compliqué : dans son corps, dans sa tête, dans la découverte de l'amour... Découvrir une calvitie à 17 ans, cela complique l'ensemble. C'est ce qui est arrivé à Vincent, aujourd'hui quinquagénaire. De cette fin d'adolescence et des études, il se remémore des années de complexes. « C'était compliqué, parce que je me sentais un peu à part », explique-t-il. « Les autres et même les copains sont plutôt moqueurs, donc c'était assez dur. Et puis vous êtes à l'âge où vous voulez plaire, donc ça ne tombait pas super, ce n'était pas un bon moment pour moi. » Dans sa famille, des hommes avaient développé une calvitie avec l'âge : « Mais je les ai toujours connus âgés, donc je ne savais pas si cela s'était déclaré tôt ou pas. »

Vincent va voir un dermatologue, qui lui explique « le processus, le cycle des cheveux qui s'accélère à cause des hormones ». Sa calvitie est progressive, « ça a commencé par reculer sur le front, puis le haut du crâne ». « En plus, j'étais frisé ! » Il tente des traitements pour « ralentir » la calvitie, comme le minoxidil. Coûteux ? « À l'époque, c'était mes parents qui étaient en charge, donc je ne sais pas », indique-t-il. « Mais ça n'a pas eu d'effet. Je trouve que ça a tendance à graisser le cuir chevelu. » À l'époque, les greffes capillaires sont à leurs débuts et chères : « Je trouvais que ça faisait Tapitouf. »

« Je reprenais le pouvoir sur mon apparence »

Le déclic pour lui a eu lieu vers 24 ans : « J'ai tout rasé ! Et là, je me suis enfin senti bien, j'étais libéré. Je reprenais le pouvoir sur mon apparence. Je trouvais que ça m'allait bien en plus. » Si de nos jours les cheveux rasés sont monnaie courante, ce n'était pas le cas durant l'adolescence de Vincent : « À mon époque, c'était seulement pour les skinheads ! Heureusement, j'ai été aidé par le changement de mode. » Du jour au lendemain, les moqueries ont cessé : « Cela a réglé le problème. » Côté cœur, lui qui se décrit alors comme introverti à cause de son complexe a également « plus de succès ». « L'avantage du crâne rasé, c'est que ça met les yeux en valeur. » En revanche, c'est problématique pour le sport, car « toute la sueur vous coule sur le visage, quand il n'y a plus les cheveux pour la retenir ». 

Vincent prend soin de son crâne : crèmes hydratantes, solaires... « En réalité, je suis obligé de porter une casquette ou un chapeau. Parce que sinon, la dermatologue me tue ! Forcément, on est surexposés. Et puis, on risque que la peau dégénère. » Cela permet aussi d'éviter « un effet miroir ou boule de billard ». Et il s'est laissé pousser la barbe : « Ça rééquilibre le visage. D'ailleurs lors d'un contrôle de police, un agent m'a sorti "Ah, ce que vous aviez sur le dessus est passé sous le menton !" » Est-ce qu'il a envie de tenter une greffe de cheveux ou une perruque ? « Je me sens bien comme je suis. Je ne reviendrai pas en arrière », se félicite-t-il.

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