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Après six missions humanitaires à Gaza en un an et demi, ce Français dénonce notamment des réactions "tièdes" de la communauté internationale et une famine "qui n'aurait jamais dû arriver".
Publié le 07/10/2026 15:38
Temps de lecture : 2min
Des femmes et des enfants lors d'une distribution alimentaire dans le sud de Gaza le 25 septembre 2026. (BASHAR TALEB / AFP)
Trois ans après le 7-Octobre, la guerre de destruction totale à Gaza a aussi des conséquences sur le personnel humanitaire. Le cessez-le-feu signé en 2025 n'a que peu d'effets : plus d'un millier de Palestiniens ont été tués et les autres survivent sur un territoire anéanti. Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt international mais continue à diriger son pays et à s'exprimer à l'ONU, presque comme si de rien n'était. De quoi décourager les acteurs du monde humanitaire et notamment ce Français du Programme alimentaire mondial.
Alexandre* a effectué six missions à Gaza entre décembre 2024 et mai 2026 pour le Programme alimentaire mondial, l'agence de l'ONU responsable de l'acheminement de la nourriture. "On n'aurait jamais dû arriver à un état de famine. On n'en sort pas indemne, et pendant longtemps, je pense", raconte-t-il. L'été dernier, le quadragénaire n'a pas renouvelé son contrat car "ses valeurs ont été mises à rude épreuve. Et j'ai besoin de réfléchir", réalise-t-il.
Alexandre quitte le Programme alimentaire mondial avec beaucoup d'amertume. "Là où je suis très en colère, c'est sur toutes les contraintes qu'on a eues et qu'on a vécues pour nourrir les gens : les contraintes israéliennes qui ont été mises en place, sur le temps de stockage sous le soleil ou sous la pluie" et qui laissait se dégrader les denrées, dénonce-t-il.
"De la farine dure comme de la brique, des pâtes ou du riz en train de pourrir."
"On avait aussi des boîtes de conserve qui pouvaient être très abîmées, percées. Comment est-ce possible ? Nous, en tant qu'humanitaires, on a soulevé le problème. Les médias en ont parlé. Pourquoi ça ne bouge pas ?", se désole-t-il.
Alexandre dit aussi avoir été outré par les largages d'aide humanitaire par avions auxquels la France a participé, ce qu'on appelle du "air dropping". "Il n'y a aucune raison tangible pour moi pour faire ça. Et on a vu que le largage a provoqué des accidents", rappelle-t-il. L'ancien travailleur humanitaire a exprimé à plusieurs reprises ses interrogations, sans jamais recevoir de réponse claire. "Je ne peux pas expliquer pourquoi le Programme alimentaire mondial n'a pas davantage pris la parole. Et la communauté internationale dans son ensemble a été trop tiède dans ses réactions. Le fait est que, sur place, rien n'a changé."
Selon l'ONU, au moins 92% des logements de l'enclave ont été soit entièrement détruits, soit endommagés. Fin septembre, Google révélait de nouvelles images satellite montrant l'ampleur des dégâts dans la zone. Depuis le 7-Octobre et le conflit qui a suivi, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées dans la bande de Gaza.
*Le prénom a été modifié.
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