Série : Ils ont décidé d’arrêter de chercher l’amour [1/4] - Cédric, 44 ans, refuse de céder à l’injonction d’être en couple et se satisfait d’une vie sans compromis. Il nous raconte.

Ysé Rieffel - Aujourd'hui à 07:15 - Temps de lecture :

Selon une enquête Ipsos réalisée pour Badoo en 2022, 28 % des Français déclaraient aimer être célibataire.  Photo d’illustration Canva Selon une enquête Ipsos réalisée pour Badoo en 2022, 28 % des Français déclaraient aimer être célibataire.  Photo d’illustration Canva

Célibataire depuis 18 ans, Cédric a cessé de chercher l’amour depuis longtemps. « Chaque relation qui se terminait était un plus grand coup de poignard dans le cœur et le temps de digérer, plus long », raconte le Bourguignon de 44 ans. La dernière séparation, avec la mère de son fils, alors enceinte de six mois, a été le déclic. Le choc et l’incompréhension du départ ont laissé place, peu à peu, au soulagement. Il fait alors une sorte de bilan : qu’est-ce que le couple m’apporte par rapport à ce qu’il me demande ? Il arrive à la conclusion que les compromis lui coûtent trop cher.

« Quand je suis sorti de ma relation, je me suis rendu compte que je n’étais plus vraiment moi-même. J’avais dénaturé ma personnalité jusqu’à accepter des choses que je n’aurais pas acceptées et que je n’accepterais plus. À vouloir trop être dans une relation, parfois, on finit par se trahir soi-même », témoigne le technicien support informatique. « Le couple est une source de joie, mais c’est aussi une source de conflits », poursuit-il, évoquant les réflexions, les jugements et les désaccords qu’il préférait autrefois éviter pour préserver la « paix sociale » du foyer.

Une vie « sans concessions »

Depuis, il revendique surtout la liberté que lui procure sa vie de célibataire, « sans faire de concessions ». Ne plus avoir à rendre de comptes, ni devoir adapter son emploi du temps ou passer du temps avec une belle-famille. Fan de NBA, le quadragénaire peut ainsi se lever à 4 heures du matin pour regarder un match de basket, sans avoir à composer avec les contraintes d’une vie à deux. Manger ce qu’il veut et quand il veut, mettre la musique à fond dans sa maison, se coucher à n’importe quelle heure… « Je suis un adulte deux jours sur 14, quand mon fils est là, et un vrai adolescent le reste du temps », s’amuse Cédric. « Le célibat est la meilleure des solutions pour vivre libre », assure-t-il. Selon une enquête Ipsos réalisée pour Badoo en 2022, 28 % des Français déclaraient aimer être célibataire.

Pour autant, le Bourguignon ne tire pas un trait définitif sur toute rencontre, mais il refuse d’y consacrer le temps et l’énergie nécessaires. « Je ne suis pas célibataire pour être célibataire. Je suis célibataire par flemme d’être en couple », lâche-t-il. Les applications de rencontre, qu’il a essayées à plusieurs reprises, ne l’ont pas non plus convaincu. « Je ne suis pas l’archétype de ce qu’on attend sur les sites de rencontres, et j’habite en pleine campagne, donc ce n’est pas l’idéal », explique Cédric. D’autant que, lorsqu’on est bien seul, dit-il, les exigences changent. Pour bouleverser un quotidien dont il se satisfait, il faudrait désormais que la personne rencontrée en vaille vraiment la peine : « Il faudrait qu’elle soit géniale, incroyable et qu’elle me corresponde parfaitement. »

« Ça coûte plus cher d’être célibataire »

Cédric observe la pression sociale qui existe autour du couple, sans y accorder d’importance : « On se conforme à une idée de ce que doit être la vie d’adulte : être à deux, avoir des enfants, une maison. » À ses yeux, cette injonction n’existe plus et il sait faire valoir ses arguments auprès de ses proches, parfois dans l’incompréhension face à son célibat choisi. L’expression « refaire sa vie », souvent utilisée après une séparation, le fait « bien rire » : « La vie est à construire que l’on soit seul ou en couple. Ça voudrait dire que si on est seul, on ne fait rien », souligne le quadragénaire.

Son célibat a tout de même un inconvénient : « Ça coûte plus cher d'être célibataire que d’être à deux ». Selon l’Insee, le logement absorbe 28 % du budget d’un célibataire, contre 14 % pour un couple. « Les portions individuelles sont plus chères que les formats familiaux en supermarché, et la facture d’énergie dans une maison, c’est quasiment un coût fixe », explique le technicien, qui vit dans cette demeure avec ses trois chats. Il ironise même un peu : « Si j’étais une femme, je serais un cliché. »

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